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Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Articles avec #enfance catégorie

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #haïku, #ciel, #enfance

 

dans le ciel ce nuage rose

~ barbe à papa envolée

 

©nk

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Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #micro-poème, #amour, #enfance, #chagrin d'amour

Tu as un pouvoir sur moi

un poudrier de soie

une enfant en moi

te cherche toi

 

du fond de ma carriole

je hèle le silence

je hèle la danse

enfance!

 

du fond de ta gloriole

tu hèles l'absence

de ton amour pour moi

 

 

(Paroles de jeunesse, 1986, à F.)

 

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Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #micro-poème, #enfance, #nostalgie, #photos nk

Ô colliers de nouilles

pots de yaourt en feutrine

petits compliments

Ô nostalgie!

©nk

Cadeau de l'enfance

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Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #micro-poème, #enfance, #regard, #photos nk

Dans le miroir de mon regard

Passent les nuages d'un âge lointain

Où je fus enfant sage

 

 

 
©NK
Enfance

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Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance, #photo

Epilogue

Terre bleue

 

 

A Vienne, je retrouvai Lottie avec plaisir. C’est elle qui continuait à faire le lien quand mes parents n’étaient pas là. Lottie adorait les chevaux et elle m’accompagnait bien volontiers à mon club le samedi. Maintenant, je ne me plaignais plus des absences de mes parents. Je me sentais devenir « grande », plus indépendante depuis que j’étais entrée en sixième au Collège Français. J’en étais très fière ! Je m’étais fait une nouvelle amie, Alice, musicienne comme moi. Oui, musicienne comme moi ! Depuis cet été, je m’étais enfin avoué mon amour pour la musique, je n’avais plus peur de la comparaison avec mes parents…

 L’admiration que je leur portais ne me bloquait plus. Alice était elle aussi très admirative de mes parents qu’elle connaissait de réputation. J’en étais flattée ! Elle jouait du violoncelle depuis deux ans déjà et moi je venais de commencer… la flûte ! Comme Juliette et comme Nattie ! Je croisais parfois papa dans les couloirs du Conservatoire quand j’allais à mon cours de solfège ou de flûte. Bientôt Alice et moi pourrions jouer en duos. Le trimestre passa à toute allure, tellement j’étais heureuse. Mamoune, papoune, dièdouchka et babouchka devaient venir passer les fêtes de Noël chez nous. Ce n’était pas un Noël comme les autres.

 Vienne était toute blanche. Il faisait froid mais les lumières partout, les sapins décorés de rouge et de vert, les vitrines chatoyantes donnaient envie de se promener. Tout était magique. C’était le vingt-trois décembre et nous allions assister à la création de « Terre bleue » d’Olivier Karl, dirigée par Nina Ruska.

        Dans la salle, je tenais d’un côté la main de mamoune et de l’autre celle de babouchka. Alice était assise quelque part dans la salle avec ses parents pour assister au concert. Les lumières dans la salle se sont éteintes doucement, les instruments avaient fini de s’accorder, les dernières voix se sont tues. Maman est arrivée, magnifique avec sa longue jupe noire, sa tunique noire rehaussée de broderies hongroises, les cheveux nattés d’une façon très originale. Les applaudissements ont crépité. J’étais très émue. Le concert a commencé. « Terre bleue », c’était comme un chant d’amour à la terre natale, une pièce d’une grande douceur et en même temps forte et puissante comme une mer silencieuse. C’était peut-être l’explication de ce titre étrange « Terre bleue ». Le public suivait et à la fin, des applaudissements très vifs ont éclaté. Papa est monté sur scène pour saluer aux côtés de maman. J’avais les larmes aux yeux.

Le matin de Noël, j’ai trouvé sur mes petits chaussons un merveilleux cadeau : ma première flûte traversière ! Je l’ai portée à ma bouche et j’ai joué « Vive le vent ! » pour réveiller en douceur toute la maisonnée…

 

 

 

TABLE des CHAPITRES

 

 

 

Prologue : Moi,  Natacha                                                            

Chapitre 1 : Tableau de famille                                                           

Chapitre 2 : Jardin musical                                                         

Chapitre 3 : Jours de vacances                                                           

Chapitre 4 : Manège                                                                    

Chapitre 5 : Mon papa pianiste                                                          

Chapitre 6 : Petite lanterne rouge                                          

Chapitre 7 : Les années parisiennes                                     

Chapitre 8 : En attendant maman                                          

Chapitre 9 : Villa Médicis                                                                      

Chapitre 10 : Fugue en sol mineur                                          

Chapitre 11 : Mauvaise surprise                                                         

Chapitre 12 : Mes aventures                                                    

Chapitre 13 : Dans le box de Veniso                                    

Epilogue : Terre bleue                                                                

 

Illustration : Lana Cosic

Illustration : Lana Cosic

Ici s'achève cette petite trilogie "Musiciennes ! "

qui se compose de "Nina chef d'orchestre!", "Murielle au violon" et se referme sur cette "Fugue de Natacha".

Je l'ai écrite pour ma fille, quand elle avait l'âge de Natacha...

Je lui ai donné une nouvelle vie en vous la proposant sur ce blog, elle vous est adressée, à votre coeur d'enfant, pour partager ensemble l'amour de la musique.

L'amour de la musique mène toujours à la musique de l'amour.

Jacques Prévert

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Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance, #photos nk

Chapitre 13

Dans le box de Veniso

 

 

 

Je me suis endormie dans mon bus en rêvant à Veniso, et c’est ma voisine à qui j’avais dit ma destination qui m’a réveillée :

« Eh petite ! C’est là ton arrêt ! Réveille toi ! »

J’ai sursauté, j’étais crevée, levée depuis cinq heures du matin ! Sur la route départementale, près de Castres, j’ai cherché mon chemin. Je ne reconnaissais plus les lieux. J’ai commencé à paniquer. J’étais fatiguée, au bord des larmes. Seule la pensée de revoir Veniso m’a consolée. Je continuais à avancer tout droit, heureusement, au bout d’une demie heure de marche à pied, j’ai enfin aperçu sur la droite de la route un panneau « Club Equestre Saint-Georges ». Cela m’a redonné des forces, j’ai pris ma tablette de chocolat, et j’ai croqué quelques carrés avec du pain brioché. Il était six heures du soir. Je voulais contourner  les bâtiments, me cacher jusqu’à la tombée de la nuit avant de rejoindre Veniso dans son box. Je me suis cachée dans un bosquet un peu plus loin et allongée sur l’herbe, presque écroulée de fatigue et d’émotions, je me suis endormie.

Quand je me suis réveillée, piquée par le froid, il faisait nuit. C’était la pleine lune, donc la nuit était claire et j’ai trouvé facilement le chemin des écuries. Là dans le box des écuries, une immense surprise m’attendait.

« Maman ! ai-je crié de joie.

  • Natiouchka ! Mon bébé ! Qu’est-ce qui t’as pris de t’enfuir comme ça ? Tu nous as fait une belle peur, m’a dit maman d’une voix très douce. »

La douceur de sa voix m’ a fait fondre, je me suis mise à pleurer à gros sanglots comme un bébé. Je ne comprenais plus le sens de ma fugue. Je pleurais en hoquetant :

« Ma maman ! Ma maman ! »

Papa m’a embrassée, mais il avait l’air plus sévère :

« Ne recommence pas ça Natacha ! Tu nous as fait trop peur ! Il aurait pu t’arriver n’importe quoi ! »

Maman m’a serrée très fort dans ses bras et nous sommes rentrées chez Juliette en nous tenant enlacées. Pendant que papa téléphonait à sa sœur pour la rassurer, maman m’a raconté. Ma maman me connaissait si bien ! C’est elle qui avait tout deviné : que j’irais chez Juliette, que je voudrais dormir dans le box de mon poney préféré. Je me rendais compte avec ahurissement que si elle me connaissait si bien, c’est qu’elle m’aimait très fort !

                Le lendemain, nous avons fêté mon anniversaire (onze ans ! ) chez Juliette et Rémi. Nattie, Laurent et mes cousins sont arrivés en fin de matinée. Fred était ébahi, vaguement admiratif, de mon équipée, j’ai bien vu qu’il considérait ma fugue comme une histoire de cow-boys et d’indiens ! Nous avons beaucoup parlé ensemble maman et moi. Elle m’a dit de sa voix si douce des paroles qui m’ont marquée et que je ne devais plus jamais oublier :

« Natiouchka, je vais te dire ce que ton père m’a dit un jour « La Musique c’est de l’amour ». Tu comprends ce que cela signifie ?Tu vois, la Musique, je la porte en moi comme je t’ai portée en moi. Quand je joue, quand je dirige, vous êtes toujours avec moi Olivier et toi. Ma vie de musicienne n’est pas séparée de ma vie personnelle. C’est un tout. L’amour pour ton papa, pour toi, pour la musique, c’est un tout, ça  s’ajoute ! Cela ne s’exclut pas l’un l’autre. »

Je comprenais enfin ma méprise. En fait, j’étais une petite fille très exigeante et j’avais surtout beaucoup d’imagination que j’utilisais à me faire des films catastrophe, où je jouais le rôle de la pauvre petite fille abandonnée… Il était temps que je me rende compte que la réalité était toute autre, que j’avais ma place dans la famille…

                Mon anniversaire a été très joyeux. Il y avait le soulagement de m’avoir retrouvée et le bonheur d’être une grande famille unie. J’ai demandé pardon à Nattie de m’être enfuie de chez elle. Elle avait les larmes aux yeux :

« Je savais bien que quelque chose te tracassait cet été ma Natacha, mais je n’arrivais pas à te faire parler. »

                Julien et Fred ont fait leur baptême d’équitation avec Rémi. Mais le plus grand bonheur pour moi, mon plus beau cadeau d’anniversaire, ça a été le moment où maman et moi avons fait du manège ensemble : je montais Veniso et maman  Urane, une jument isabelle très douce choisie par Juliette. Maman n’était plus montée à cheval depuis son enfance. Et là, le jour de mon anniversaire, nous étions ensemble à cheval ! Papa nous a photographiées et tous les deux ont accepté de m’inscrire dans un club hippique à la rentrée.

« Peut-être que tu devras choisir entre le patin à glace et le poney, m’a fait remarquer papa. On ne peut pas tout faire à la fois.

  • C’est tout décidé ! me suis-je exclamé. Du poney ! Le patin à glace, c’était avant… quand je m’ennuyais… »

 Juliette était ravie de ma décision :

« Tu es bien ma filleule, toi ! »  m’a-t-elle dit en m’ébouriffant les cheveux.

                Après ces deux journées riches en émotions, nous avons quitté Juliette et Rémi. Maman avait convaincu sa petite sœur de présenter Rémi à leurs parents :

« Ne t’inquiète pas Juju ! (elle reprenait le diminutif de leur enfance). Rémi et toi, c’est bien parti ! Tu n’as aucune raison de ne pas présenter Rémi à papa et maman. Ils seront ravis de faire sa connaissance et tellement contents pour vous deux ! Et puis, tu sais, Clara (c’est comme ça qu’elles appelaient leur mère entre elles parfois), avec son intuition doit déjà se douter de quelque chose !

-Tu as raison Nina ! Quand ils reviendront de Nice, je les inviterai ici. »

 

Nous avons passé encore deux semaines au Nisal. Papa finissait d’écrire « Terre bleue », sa  symphonie. Maman, Nattie et moi passions beaucoup de temps ensemble. Maman se mettait parfois au piano, Nattie à la flûte. Une belle complicité musicienne que je me régalais de regarder et d’écouter, laissant le plus souvent mes cousins à leurs « jeux de garçons » ! Peu de temps avant notre départ, mes parents étant sortis faire une course, j’ai retrouvé Nattie au salon de musique et je lui ai demandé d’une voix timide et décidée à la fois :

« Dis, Nattie…Tu peux me faire essayer la flûte ? »

 

à suivre...

 

Natacha joyeuse au milieu des poneys

Natacha joyeuse au milieu des poneys

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Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance

Chapitre 12

Mes aventures

 

 

        Pendant que mes parents s’inquiétaient pour moi, ce que je n’avais même pas imaginé dans mon aveuglement enfantin, je poursuivais mon petit voyage. Le bus pour  Toulouse avait eu du retard. Il était passé à six heures trente. Quand je suis montée, le chauffeur m’a dit :

« Tu es bien matinale ma mignonne !

  • Oui ! C’est parce que j’ai un tournoi de tennis de table avec mes cousins sur Toulouse. Et il faut que je m’entraîne, ai-je répondu du tac au tac.
  • Ah tu es sportive, c’est bien ! »

Et puis, pour couper court à la conversation, je suis allée m’asseoir dans un coin pas trop en vue pour ne pas me faire remarquer davantage. De nombreuses personnes sont montées pendant le trajet : des paysans qui allaient au marché, quelques jeunes en groupe qui devaient aller se distraire en ville. Le jour s’est levé sur une belle journée ensoleillée. Nous sommes arrivés à la gare routière à huit heures et demie. J’avais deux heures à attendre mon bus pour Castres. J’ai décidé d’aller prendre mon petit déjeuner dans un fast-food à côté de la gare. J’avais très faim. Toute ma petite équipée m’avait creusée. J’ai pris un grand jus d’orange, un chocolat chaud, un muffin avec du beurre et de la confiture et pour finir un brownie au chocolat noir. Je partage avec maman le goût pour le chocolat !

Une fois mon petit déjeuner terminé, je me suis acheté un « Mickey jeux » pour attendre sans m’ennuyer l’heure de mon autobus car j’avais encore une bonne heure avant son départ. J’ai eu l’idée de me promener et de chercher un square pour  faire mes jeux en attendant l’heure pour qu’on ne me remarque pas. Je me disais qu’une petite fille de onze ans seule sur un banc de la gare routière risquait d’attirer l’attention. Heureusement que je suis grande pour mon âge –je tiens de papa -  j’ai l’air plus âgée que je ne le suis en réalité. Demain, j’ai onze ans mais parfois des gens croient que j’ai treize ans ! Il paraît aussi que je suis « mûre » pour mon âge, peut-être parce que je suis plus souvent avec des adultes qu’avec des enfants comme moi.

Je rêvasse sur mon banc en mâchonnant mon crayon pour faire des mots fléchés. Le temps passe. Je regarde ma montre. Vite ! Je risque de louper le bus ! Je cours sur les derniers mètres mais trop tard ! Le bus est déjà parti ! Ma ruse, ne pas rester sur place à la gare routière, s’est retournée contre moi. Le prochain bus pour Castres part à midi ! Encore une heure et demie à attendre ! Je décide cette fois-ci de rester dans les parages. A onze heures, je vais manger dans un autre fast-food : un gros hamburger, des frites et un coca. Mes aventures me donnent faim ! J’ai hâte d’être dans ce fichu bus !

Enfin il arrive ! J’étais sur le quai à l’attendre depuis une demie heure déjà. Personne ne m’a adressé la parole. C’est bon, la voie est libre ! Dans le bus, je me suis assise au fond à gauche. Je regardais défiler le paysage en pensant que maintenant au Nisal, Nattie avait dû s’apercevoir de mon absence. J’étais loin de me douter que mes parents étaient arrivés. J’ai perdu du temps en loupant le premier bus mais je vais arriver en fin d’après-midi je pense. Il fera encore jour. J’ai résolu d’attendre la nuit pour me cacher dans le box de Veniso. J’ai peur si j’allais directement voir Juliette qu’elle prévienne mes parents et que je me fasse gronder. Toute ma fugue n’aurait servi à rien !

Au bout de ma route, il y a Veniso, mon doux poney blanc, mon rêve de bonheur. C’est à cela que je pense. Je n’imagine même pas que mes parents puissent se faire un sang d’encre. On n’est pas sérieux à onze ans ! Je me dis que demain, c’est avec Veniso que je passerai mon anniversaire. Je me demande même si je ne pourrais pas m’enfuir avec lui sans rien dire à Juliette…

 

 

à suivre...

 

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Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance

Chapitre 11

Mauvaise surprise

 

 

 

                Pendant mon équipée – je raconte ce que j’ai su après -, toute la petite famille Lemoine s’est levée entre sept heures et demie et neuf heures. Personne ne s’est inquiété de moi car en vacances, je suis une couche-tard et une lève-tard. Je lis le soir dans mon lit pendant des heures. Nattie ne me gronde pas comme Lottie ! C’est la liberté des vacances ! Ils ont pris l’habitude que je ne me lève pas avant dix heures.

                Ce jour-là, veille de mon anniversaire, c’était spécial ! Ils voulaient tous me faire la surprise. Raté ! La surprise a été pour eux ! Mes cousins devaient se rendre chez leurs copains disputer une partie de tennis , Laurent à son travail et Nattie à l’aéroport… pour aller chercher mes parents arrivant de Rome ! Nattie et Nina ont été très heureuses de se retrouver mais le premier mot de maman a été pour moi :

« Et Natacha ?

  • Elle dormait encore quand je suis partie. J’ai préféré la laisser dormir. Elle n’en sera que plus contente de vous trouver à la maison à son réveil.
  • Oui, tu as sans doute raison. Mais j’avais peur qu’elle ne nous boude, a ajouté maman. A notre dernier coup de fil, elle a carrément raccroché. Elle grandit, je ne sais plus trop comment la prendre.
  • Ne t’inquiète pas Nina, la joie de te revoir va arranger tout ça.
  • Oui, ma sœur a raison, ma Nina. Rien de tel que ta présence ! Tu lui as beaucoup manqué cet été. »

Il était onze heures passées quand ils sont arrivés au Nisal. La maison était silencieuse. Maman a appelé avec un peu d’anxiété dans la voix :

« Natacha ! Natiouchka ! »

Aucune réponse. Alors elle est montée quatre à quatre dans la petite chambre mansardée où je dors quand je suis au Nisal. Elle a crié :

«  Olivier ! Nathalie ! Natacha a disparu ! »

Nattie a gardé son calme, elle a dit :

« Je vais appeler les amis des garçons. Natacha est certainement partie avec eux.

  • J’espère, a répondu maman d’une voix mal assurée. »

Le coup de téléphone a été foudroyant pour maman. Non je n’étais pas avec mes cousins ! Nina est tombée sur un canapé et des larmes coulaient sur ses joues :

« Où es-tu partie ma Natiouchka ? Puis se tournant vers papa, elle a  avoué : je ne t’avais rien dit Olivier mais j’avais un mauvais pressentiment, j’avais tellement hâte d’arriver au Nisal ! Ah Natiouchka, où es-tu partie ? »

Olivier a serré Nina dans ses bras. Il a dit :

«  Nous allons chercher dans le parc, voir chez les voisins, et puis signaler la disparition de la petite à la police. Nous la retrouverons saine et sauve mon amour ! »

Leurs recherches n’ont rien donné. Ils ont appelé la police et les hôpitaux. Un inspecteur est venu dans l’après-midi pour faire son enquête. Laurent est revenu du travail et mes cousins de chez leurs amis. C’était la cellule de crise. L’inspecteur a écouté tout le monde puis a conclu en ces termes :

«  Je dois vous dire d’après les renseignements que vous me donnez que tout porte à croire que votre fille Natacha a fait une fugue. C’est  une chose assez courante chez les adolescents et même les préadolescents. On les retrouve le plus souvent dans les quarante-huit heures. Soyez confiants ! Nous allons diffuser des affichettes avec son signalement et sa photo. Avez-vous une idée de l’endroit où elle a pu vouloir se rendre ? »

C’est maman, muette jusque là, qui est sortie de son silence en disant :

« Je sais où elle a dû vouloir aller… Chez Juliette, ma sœur, sa marraine. Elle dirige un centre équestre près de Castres. Ma fille adore sa marraine et les chevaux.

  • Très bonne piste ! Prévenez votre sœur ! Je vais faire mon enquête à la gare de Toulouse, autobus et trains pour voir si personne n’a aperçu votre fille.
  • Je vais aller à Castres, a dit maman. Je suis sûre que c’est là qu’elle veut aller ! Mais au cas où mon intuition me tromperait, reste là Olivier pour…
  • Non Nina !, la coupa papa. Je t’accompagne ! Il n’est pas question que tu fasses la route seule avec cette inquiétude au cœur !
  • Moi je resterais ici pour faire le lien avec la police, a dit Nattie. »

Ainsi fut fait. Nina et Olivier sont partis ensemble dans la grosse voiture de Nattie. Juliette était prévenue. Non, elle n’avait pas encore trouvé Natacha. Mais elle pensait comme Nina qu’elle ne tarderait pas à arriver au Centre Equestre si elle n’avait pas eu aucuns ennuis sur la route, si elle n’avait pas fait de mauvaises rencontres.

 Olivier enjoignait maman à rester confiante :

« Ne pense pas au pire Nina ! Nous allons la retrouver. Tu as toujours des intuitions justes mon amour. Et il ajoutait encore : Nous allons la retrouver notre petite Natacha ! »

 

A suivre...

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Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance

Chapitre 10

Fugue en sol mineur

 

 

En grand secret, je prépare ma fugue, pas une fugue comme celle de Jean-Sébastien Bach, non une fugue bien réelle, en mineur puisque je n’ai que onze ans et en sol comme les routes où je vais marcher. J’ai décidé de quitter le Nisal cette nuit, j’ai l’intention d’aller me cacher au Club Saint-Georges dans le box de Veniso mon poney préféré. Il faut d’abord que je m’équipe : j’ai déjà préparé mon sac à dos (espadrilles de rechange, jean, T-shirts, culottes, pull) . Comme je vais partir de nuit, j’ai emprunté subrepticement la lampe de poche de mon oncle Laurent. A la cuisine, j’ai piqué, en plusieurs fois pour que ça passe inaperçu, des jus de  fruits en mini-packs, un paquet de pain brioché et une plaque de chocolat aux noisettes bien nourrissante. J’ai fourré mon argent dans mes poches. Ah il me faudra aussi ma brosse à dents, du dentifrice et ma brosse à cheveux !

J’ai étudié mon itinéraire sur la carte routière pendant que mes cousins étaient sortis et Nattie à la flûte. J’ai tout recopié sur un petit carnet. Je dois d’abord aller du Nisal à Toulouse par la route départementale (vingt-cinq kilomètres à pied). Ensuite, arrivée dans les faubourgs de Toulouse, il me faudra aller jusqu’à la gare routière. Je trouverai bien un bus ou un métro pour m’y emmener. Pour cela, je suis assez dégourdie. A Vienne, je prends très souvent le métro, parfois même sans Lottie pour des petits trajets. Une fois à la gare des bus, je prendrai le bus pour Castres. De Castres au Club Saint-Georges, il y aura encore sept kilomètres à pied par une autre départementale, et là je serai arrivée !

J’ai calculé qu’il me faudra à peu près six heures pour atteindre la banlieue de Toulouse et ensuite je devrais bien trouver un bus pour la gare routière pour me reposer de ma marche nocturne. Ensuite, trajet en autobus pour aller à Castres, environ une bonne paire d’ heures. Ce qui fait, qu’en tout, je devrais arriver au Club Saint-Georges demain en fin de journée d’après mes estimations. Pour ne pas éveiller les soupçons de Nattie et aussi parce que j’étais un peu triste de la quitter elle qui n’y était pour rien, j’ai passé un long moment avec elle dans le jardin et au salon de musique.

« Nattie, est-ce que tu as la partition des pièces « Pour Natacha » ?

  • Non, désolée. Mais par contre, j’ai une pièce pour flûte seule « Le bouleau » dédiée à Nina. Tu veux que je te la joue ? »

J’ai acquiescé et cette musique me tordait un peu plus le cœur car j’y retrouvais l’image de ma maman. Cela ne fit qu’affermir ma résolution de m’en aller cette nuit. J’ai fait un tournoi endiablé de ping-pong avec mes cousins, je commençais à faire des progrès face à eux. J’avais décidé de partir le plus tôt possible dans la nuit et résolu de ne pas dormir car je ne voulais pas mettre le réveil dont la sonnerie aurait pu donner l’alarme. Mais crevée par ma journée de plein air et de ping-pong, je me suis endormie pour me réveiller en sursaut ! J’ai regardé le réveil : cinq heures ! Vite, c’est parfait ! Laurent ne se lève pas avant sept heures et demie. Il faut tout de suite filer. Je m’habille vite, mon jean blanc, mon pull orange et mes baskets. Je prends mon sac à dos et je descends tout doucement l’escalier en faisant attention à la dernière marche qui grince. J’ouvre la porte d’entrée, la clef est sur la porte, et je sors dans le petit matin. Pas de chien pour aboyer et donner l’alerte. Je marche d’un pas vif, pour me réchauffer, jusqu’à la route départementale. J’écoute mon baladeur en marchant, cela me donne du courage et je croque une pomme que j’ai chipée en passant à la cuisine du Nisal. En avant !

                Je marche pendant une bonne demie heure et tout à coup, j’aperçois sur le bord de la route un abribus. J’y cours et je regarde la destination : « Toulouse gare routière ». Chic ! Je ne savais pas qu’il y avait un bus, cela va me simplifier les opérations ! Le prochain bus passe à six heures et quart. Je n’ai plus qu’une demie heure à patienter. Pas d’inquiétude du côté du Nisal, personne ne sera encore levé à cette heure là.

 

 

 

 

A suivre...Chapitre 11

Mauvaise surprise

 La fugue de Natacha - Chapitre 10

Illustration : Marine Karbowski - Fugue pour Nathalie

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Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance, #photos nk

Chapitre 9

Villa Médicis

 

 

 

                A vingt-six ans, papa avait présenté un dossier de candidature à un poste d’études à la Villa Médicis à Rome, pépinière féconde de jeunes artistes. Devant un jury  composé de différentes personnalités du monde des arts, il avait présenté ses œuvres passées et ses projets en cours. Sa candidature avait été retenue et il était alors parti pour Rome, laissant maman à Paris poursuivre sa formation de chef d’orchestre au Conservatoire Supérieur de Musique.

                Maman venait régulièrement le rejoindre en fin de semaine. Elle prenait l’avion et ils se  retrouvaient pour un week-end enchanteur dans la Ville Eternelle. La Villa Médicis a une situation exceptionnelle dans le paysage romain ; située sur une colline, on a depuis la Villa une vue magnifique sur Rome, ses toits, ses terrasses ombragées et fleuries et ses innombrables coupoles. A la Villa,  papa s’était lié à Axel Marion, un autre compositeur français qui était là en même temps que lui. Ils avaient beaucoup de points communs : une grande spontanéité dans leur amour de la musique, un goût du jeu et de l’enfance, une sensibilité extrêmement fine qui leur permettait de composer des œuvres très personnelles, loin des modes et des clichés. Papa était très inspiré par l’atmosphère romaine dont même l’innombrable foule des visiteurs ne parvenait pas à galvauder la beauté. Maman et lui profitaient du magnifique jardin de la Villa Médicis. Ils aimaient aussi se promener dans les ruelles ombragées et typiques du vieux quartier du Trastevere, ou monter sur la colline du Gianicolo les jours de  grand beau temps pour voir toute la ville à leurs pieds.

                Dès que papa est arrivé à Rome, ils m’ont appelée au téléphone lui et maman :

« Comment se passe ton séjour ma chérie ? m’a demandé maman .

  • Bien (je n’en dirais pas davantage)
  • Tu t’amuses toujours autant avec tes cousins ?
  • Oui. (je restais les dents serrées)            
  • Tu n’es pas bavarde ma Natiouchka ! Quelque chose ne va pas ?
  • Si, si, ça va. Bon excuse moi, Fred m’attend pour faire une partie de ping-pong !
  • Eh bien, va, ma puce. Passe moi Nattie alors. »

Mais je raccrochai et partis en courant. Maman a rappelé aussitôt et j’ai entendu de loin Nattie lui répondre. J’avais décidé de me désintéresser de mes parents puisque c’était ainsi, eux à Rome, et moi au Nisal ! Puisqu’ils m’avaient exclue de Rome, je les laissais tomber moi aussi !J’avais tellement envie de connaître Rome, la ville où je suis née. Quand maman eut terminé sa formation au Conservatoire de Paris, avant de rechercher une place de chef d’orchestre –elle était toute jeune, à peine vingt-trois ans !-, elle était venue retrouver papa. Ils se sont mariés en mai au Consulat français et ont reçu la bénédiction pontificale sur la sublime place Saint-Pierre. Et moi, je leur ai fait la surprise de naître cet été-là, le huit août, avec un mois d’avance ! Peut-être en raison des longues balades à pied que maman faisait quotidiennement à travers la ville !…

                Mon anniversaire approche. Mes parents ne m’ont rien confirmé à propos de leur arrivée. Je n’y crois plus. J’ai décidé de frapper un grand coup moi aussi !…

 

A suivre...Chapitre 10

Fugue en sol mineur

Toits de Rome, la Villa Médicis au loin

Toits de Rome, la Villa Médicis au loin

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De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivaine, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

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