" />
Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Articles avec #amour catégorie

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #poème, #amour, #photo

Je suis ta cavalière

Je chevauche les rêves

Tu les insuffles en moi

De ta voix lumineuse

Tu détaches ton armure

Pour m'en ceindre les reins

Le coeur la tête les yeux

Je suis la princesse bleue

Au ciel de ton amour immense

©nk

Pour L.

Ta cavalière

Peinture : Marc Chagall

Voir les commentaires

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #senryû, #amour, #été

ta peau aubergine

toute gorgée de soleil

~ cuisine d'amour

 

©nk

Voir les commentaires

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #senryû, #pluie, #amour

douche italienne ~

une pluie de gouttes brille sur ta peau

 

©nk

Voir les commentaires

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #poème, #amour, #photos nk
Bruit de feuilles

dans les feuilles bruissant au vent

dans les vagues mourant sur le sable brun

dans les feulements nocturnes des chats en amour

dans les gouttes de pluie s'écrasant sur l'asphalte

et nourrissant la terre

et pleurant sur les fleurs

dans la nuit étoilée, son silence perlé

dans les respirations

dans les musiques douces

dans le souffle du froid

dans le claquement d'une bise

dans la sonnerie d'un téléphone perdu

dans le craquement du lit

dans le froissement des draps

dans le silence de la voix qui s'est tue...

je serai là...

 

©nk

Voir les commentaires

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #Les silences de Claire, #adolescence, #amour, #photo

Chapitre 9

           Triste lendemain

 

 

Il fait très beau en ce premier janvier… Luce s’en réjouit en ouvrant ses volets et en regardant le soleil miroiter sur la Garonne. Elle n’appelle pas Claire car elle se figure que la fête a dû se terminer tard, ou disons mieux, peut-être même tôt ce matin ! De toute façon, Claire lui a dit que c’est elle qui viendrait par ses propres moyens. Sans doute « son » Victor la raccompagnera-t-elle. Luce sourit à la nouvelle année qui commence et soigne ses plantes sur sa terrasse.

Puis elle va préparer pour Claire son gâteau au chocolat préféré qu’elles pourront manger en buvant du thé ou même du champagne. Seize heures… Dix-sept heures… Toujours aucune nouvelle de Claire. Luce l’appelle plusieurs fois sur son portable et tombe dans la boîte vocale à chaque fois. Vaguement inquiète, Luce finit par composer le numéro de Juliette Ruska :

« Bonjour Juliette, c’est Luce Ramon. Claire est-elle encore avec toi ?

- Non, répond Juliette avec une drôle de voix.

Intuitive,  Luce réagit tout de suite :

« Il s’est passé quelque chose à la soirée ? Vous vous êtes disputées ? »

Juliette se met à pleurer et raconte que Claire a disparu de la soirée au petit matin. Luce et Juliette s’expliquent. Juliette ajoute :

« Dites bien à Claire qu’on est toujours amies. C’est Eric qui est un vrai salaud. Appelez moi quand vous aurez retrouvé Claire. Elle a dû rentrer chez elle… Ou dites lui qu’elle m’appelle. Je ne veux pas vous déranger… »

Luce raccrocha rapidement, appela chez Claire sur le téléphone fixe et le portable. Aucune réponse. Très inquiète, elle fila chez les Laforêt, sans même prendre le temps d’emporter le gâteau au chocolat qu’elle avait préparé.  Arrivée chez les Laforêt, Luce glisse la clef dans la serrure. Impossible d’ouvrir ! Claire a dû laisser la clef sur la porte. Ouf ! Cela prouve au moins qu’elle est rentrée. Luce se met à appeler Claire tout en appuyant vigoureusement sur la sonnette.

«  Claire ! Ouvre ! C’est mamie, c’est Luce ! »

Au bout d’un moment qui parut interminable à Luce, la porte s’ouvrit enfin. Claire, blême, le visage décomposé, des traces de crayon noir dégoulinant sur les joues, sa jolie robe toute froissée, lui apparut dans l’embrasure de la porte. Luce serre très fort Claire dans ses bras :

« Que s’est-il passé ma toute petite ? »

Claire, les lèvres tremblantes, ne répond rien. Luce prend les choses en main, elle ordonne sur un ton affectueux et ferme à la fois :

« Je vais te faire un bon thé, va te doucher en attendant et passe un pull bien chaud et une de ces  vieilles salopettes que tu affectionnes. Je te prépare des tartines pendant ce temps,  d’accord ma choute ?

- oui, si tu veux...finit par répondre Claire d'une voix à peine perceptible.

Pendant que Claire prenait sa douche, Luce préparait le goûter à la cuisine. Elle entendit le téléphone sonner deux fois et le répondeur se mettre en marche. Toujours la même voix masculine qui disait : « Claire, c’est moi, rappelle moi s’il te plaît… » Victor certainement.

Claire sortit de la salle de bains, emmitouflée dans un grand pull bleu ciel et cachée dans sa vaste salopette, plus de traces de maquillage, mais les cheveux lui mangeant le visage. Luce eut le cœur serré. Elle essaya de faire comme si de rien n’était :

             « Le thé et les tartines sont prêts. »

Claire prit machinalement le mug que lui tendait sa grand-mère et se mit à boire lentement en même temps que des larmes silencieuses glissaient sur ses joues. Claire dit : « Excuse moi » et s’enfuit dans sa chambre. Le téléphone a sonné à cet instant. C’était Juliette :

«Claire est là ? Comment va-t-elle ?

- Oui, elle est ici mais ça ne va pas bien du tout. Elle ne cesse de pleurer et n'arrive pas à parler. Qu'a-t-il bien pu se passer? Elle ne répond même pas à Victor au téléphone...

- Oh! Celui-là!!

- Quoi? Tu as appris quelque chose de nouveau?

- Oui, c'est Rémi Lavallière, un ami qui était à la soirée; il a remarqué le départ de Claire. Il vient de m'appeler; ça s'est passé pendant que je pleurais dans ma chambre. Victor est sorti avec une autre fille, Marilyn, une fille de notre classe qui fait partie du même groupe de rock que Victor. Rémi n'y avait pas trop prêté attention parce qu'il avait l'impression qu'ils étaient déjà ensemble tellement Marilyn se collait à lui. Je n'aurais jamais cru ça possible! Victor avait l'air de tellement tenir à Claire! Je n'y comprends rien...

- Ah je comprends pour quoi Claire est si bouleversée! Ecoute Juliette, on te rappellera plus tard. Je dois aller voir Claire.

 

Luce frappe à la porte de la chambre de Claire, pousse la porte et se glisse à l’intérieur de la chambre pour trouver Claire prostrée, assise sur son lit, les yeux dans le vague. Luce remarque les lettres déchirées par terre, le tableau dans la poubelle…

«  Claire… ma choute… je sais ce qui s’est passé. Tu veux qu’on en parle toutes les deux? »

Mais Claire tremble et claque des dents, les yeux fixes. Luce décide d’agir : elle appelle un vieil ami médecin à la rescousse.

«  Georges… Bonjour, c’est Luce Ramon. Excuse moi de te déranger un premier janvier, mais j’ai un problème avec ma petite fille.

        -   Claire ?

- Oui, j'ai l'impression qu'elle est en état de choc. Elle a eu un choc affectif hier et depuis elle ne mange rien, ne parle pas, ne fait que pleurer ou rester prostrée.

- Bon j'arrive. Redonne moi l'adresse.

Soulagée que son vieil ami vienne examiner Claire, Luce s’octroie une tasse de thé en attendant son arrivée. Georges n’a pas perdu de temps, c’est un sexagénaire souriant et séduisant. Sa vue rassure Luce. Elle le conduit près de Claire puis les laisse seuls. Un moment plus tard, qui paraît très long à Luce, le médecin revient :

«  C’est un état de choc. Tu avais vu juste. Tu vas lui donner ce médicament pour la décontracter. C’est un anxiolytique léger qui devrait l’aider à se libérer : pouvoir pleurer et dormir. Après elle se sentira mieux. Tu lui en redonneras un comprimé demain matin et tu me rappelles à midi pour me tenir au courant, ça va aller !

- Merci beaucoup Georges...Je t'appelle demain.

Luce suit les recommandations de Georges, Claire accepte de prendre le médicament, puis sourit d’un faible petit sourire qui émeut sa grand-mère. Toutes les deux sont assises dans le salon, Luce a mis une cassette dans le magnétoscope : « The shop around the corner », une vieille comédie américaine de Lubitsch qu’elles adorent toutes les deux. Luce cherche à distraire sa petite fille et lui prépare des scones pour le thé. C’est la seule chose que Claire veut bien avaler : du thé et des scones. Mais Luce remarque bien avec tristesse que Claire a l’air étrangement absente. Elle a presque l’impression que celle-ci ne l’entend pas quand elle se retourne vers elle pour lui parler. Claire la regarde avec des yeux bouleversés, embrumés. Dangereusement silencieuse.

 

 

à suivre...

Les silences de Claire - Chapitre 9

Voir les commentaires

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #Les silences de Claire, #adolescence, #amour, #photo
Chapitre 8

Une soirée au goût amer

 

 

 

Comme promis, Victor appela Claire tous les jours à partir de son arrivée chez sa sœur. Sébastien , fidèle à son rôle de grand frère, ne manquait pas de charrier Claire à chaque coup de téléphone. Jean-Michel et Mathilde souriaient et parfois Mathilde disait :

« Laisse ta sœur tranquille ! Elle a le droit d’être amoureuse ! »

 

Ils allèrent tous passer la veillée de Noël chez Luce. La soirée fut très réussie, Luce avait fait toute la décoration et un délicieux repas. Elle offrit en cadeau à sa petite fille un téléphone portable :

« Comme ça, tu pourras avoir tes secrets et ce grand dadais de Séb te laissera tranquille sur tes coups de fil ! »dit-elle avec humour.

Claire la remercia, choisit une mélodie très discrète comme sonnerie puis alla dans la chambre de sa grand-mère pour envoyer à Victor un message sur son portable, tout heureuse de pouvoir lui communiquer son  tout nouveau numéro personnel. Elle signa « ta Clara ». Personne ne l’avait jamais appelée comme cela, c’était leur secret. Puis elle envoya aussi un message à Juliette. Elle n’avait pas raconté en détails à son amie ce qui s’était passé entre elle et Victor, mais elle lui avait dit l’essentiel. Du reste, le soir du concert, Juliette avait bien ressenti l’évolution du lien entre Claire et Victor.

 

Le 29 décembre, les parents de Claire partaient pour New-York, Sébastien remontait sur Paris pour fêter le 31 avec ses copains de Sciences-Po. Il était décidé que Claire dormirait chez les Ruska jusqu’au 1er janvier. Elle irait retrouver sa grand-mère dans l’après-midi du jour de l’an, et Luce s’installerait chez les Laforêt pour quelques jours. En la quittant, Mathilde lui avait dit, complice :

« Bonne poursuite de tes vacances Claire ! »

Elle n’avait pas mentionné le prénom de Victor mais c’était sous-entendu. Il était visible que Mathilde se réjouissait pour sa fille de la savoir aimée et amoureuse.

Comme prévu, Claire se rendit chez les Ruska le 29 décembre. Dans la famille de son amie, Claire savourait l’atmosphère chaleureuse et douce comme un châle moelleux et en même temps pétillante comme du champagne. Cela tenait à la personnalité artiste et généreuse des parents de Juliette, tous les deux musiciens amateurs : Nicolas, violoniste et Clara, chanteuse. Une maison pleine de rires et de chants, alors que chez Claire, c’était la maison du vent : ses parents toujours sur-occupés, toujours en partance pour quelque lieu éloigné, le téléphone venant toujours interrompre les rares moments de pauses vécus ensemble.

Nina, la sœur de Juliette était descendue chez ses parents pour Noël puis elle était remontée sur Paris avec son fiancé. Claire n’avait pas eu l’occasion de les rencontrer mais elle dormait dans l’ancienne chambre de Nina. Il y restait encore pas mal de partitions de poche sur les étagères, des affiches de concert et des photos personnelles. Claire aimait l’atmosphère de cette chambre aux murs tendus de tapisserie d’un orange éclatant. La chambre de Juliette était juste à côté, des fleurs à la fenêtre, un grand ficus près du bureau et des posters de chevaux : un tout autre univers que celui de sa sœur. Juliette était un peu déçue que Nina soit déjà repartie mais elle retrouva vite sa gaieté et sa vivacité naturelles pour les préparatifs de la fête.

Nicolas et Clara Ruska sont partis le matin du 31 chez leurs amis Karl, les parents du fiancé de Nina. Nathalie Karl, sa sœur était également l’amie de Nina et Juliette. Elle et son ami, Laurent sont venus leur prêter main forte pour préparer le réveillon : d’abord faire les courses puis tout préparer, les plateaux de canapés, les salades, le punch. Nathalie avait une recette du tonnerre : rhum, citron pressé, miel et épices. Claire s’est occupée de décorer le salon avec des bougies dorées et argentées, des guirlandes de rubans argentés et mauves, des bouquets de houx et une boule de gui que Laurent –très grand- a accroché au lustre du salon : de quoi pouvoir s’embrasser sous le gui à minuit… Il y avait une ambiance très sympa pendant ces préparatifs, Claire a vite été apprivoisée par la douceur de Nathalie et la gentillesse de Laurent. Elle se sentait un peu fébrile à la pensée de revoir « son » Victor  qui lui avait envoyé un message sur son portable « enfin rentré à Toulouse ! Vivement ce soir ma Clara ! ». Claire était impatiente et bouillonnait intérieurement à l’approche de huit heures. Avant que tout le monde n’arrive, Juliette dit à Claire :

« Viens, je vais te maquiller un peu aujourd’hui… »

Nathalie a dit en riant :

« Allez laisse toi faire Claire ! Ce sera joli ! »

Claire portait une longue robe en satin noir  à fines bretelles que lui avait offert sa mère avant de partir :

«  Pour ta soirée ma chérie… c’est notre cadeau d’anniversaire à ton père et moi… pour que tu sois encore plus belle pour le 31 décembre… »

Claire aurait seize ans le 3 janvier. En attendant, ce soir, Juliette avait entrepris de coiffer la chevelure rebelle de son amie et de la maquiller. Finalement, pour les cheveux, elle se contenta de bien les brosser et de les coiffer en arrière. Cela lui allait bien le côté un peu sauvage. Juliette rit :

« Bon OK, pour la coiffure, on ne change rien. Mais je te maquille un peu les yeux quand même : crayon noir et mascara doré, d’accord ?

- D'accord Juju, lui répondit Claire avec confiance.

Quant à Juliette, elle était adorable dans son ensemble bleu : une longue jupe bleu nuit en velours et un haut cache-cœur du même velours. Laurent leur dit :

«  Vous êtes très mignonnes toutes les deux et toi aussi ma Nattie bien sûr ! »

 

A huit heures, les premiers invités arrivèrent, des amis de Juliette du centre équestre ; Juliette les présenta à Claire :

« Marguerite (une jolie brune), avec qui je monte depuis le début, Olga, Michel et Rémi, le plus fort de nous tous au club ! » ajouta Juliette.

Claire les salua avec timidité et se sentit en confiance avec Rémi Lavallière, au sourire simple et sincère, le regard franc et doux derrière ses lunettes dorées. En attendant Victor, Claire s’assit dans un coin et observa les copains de Juliette, elle trouvait Rémi très chouette et il avait l’air amoureux de son amie. Claire se promit de mieux faire sa connaissance… Si seulement Juliette pouvait se rendre compte d’elle-même que ce Rémi était plus franc, plus direct, plus proche d’elle que son fichu Eric ! Enfin, Victor, Pierre, Eric et Marilyn sont arrivés tous ensemble avec des bouteilles de champagne et Pierre sa guitare comme toujours !

Claire, très émue de revoir Victor, va presque se cacher à la cuisine, sous prétexte d’aller mettre le champagne au frais. Mais Victor la suit, et dans la semi-intimité de la cuisine, il la prend dans ses bras et lui caressant les cheveux, il lui dit :

« Tu m’as manqué ma Clara ! »

Claire sourit et, blottie contre le jeune homme, elle finit par avouer dans un souffle :

«  Toi aussi Victor…tu m’as manqué… »

Alors, Victor la repousse pour mieux la regarder et lui dit :

«  Tu es magnifique ! Viens, on va danser ! »

Claire est un peu tourneboulée, elle préférerait prendre le temps de retrouver ses marques, calmer les battements de son cœur assise dans un coin tranquille avec Victor, demeurer seule avec lui un long moment, mais Victor est dans une autre humeur, nettement extravertie. Il a l’air survolté, les yeux drôlement brillants. Claire ne l’a jamais vu comme ça…

Nathalie, Laurent et Eric se connaissent déjà, ces derniers ayant été en classe ensemble. Ils connaissent Pierre aussi, par la musique car Nathalie est musicienne, elle est flûtiste comme Eric et Juliette. Le « groupe des cavaliers », comme les appelle Juliette, sympathise bien avec les autres. On danse. Le punch fait merveille pour délier les langues et les corps. Victor veut toujours faire danser Claire, danser, danser, mais il ne se rend pas compte de la réserve de la jeune fille  qui n’aime pas les manifestations en public : que Victor l’embrasse, qu’il la serre très fort devant les autres, cela la gêne. Elle se sent de plus en plus mal à l’aise.

Marilyn, en robe flashy, ses cheveux blonds semés de paillettes (décidément celle-là elle veut briller !), danse sans retenue. Elle fume, elle boit, elle rit fort et ne cesse de se rapprocher de Victor. Claire, qui garde la tête froide, s’en aperçoit et ça l’agace, surtout que Victor se laisse faire, comme flatté par les manœuvres de séduction de Marilyn.

A minuit, le champagne coule à flots, on s’embrasse sous le gui. Victor retient Claire : « Merveilleuse année Clara…pour nous deux… »

Quand ils ne boivent pas, Victor et Eric fument et Claire s’aperçoit avec stupeur qu’ils fument du shit ; ça n’était pas prévu dans sa vision romantique du jeune homme  : le découvrir buveur, fumeur, séducteur… ! Claire n’ose pas le croire mais elle est bien forcée de le voir rire aux plaisanteries de Marilyn qui lui fait ostensiblement du charme !!! Quant à Eric, s’il reste aux côtés de Juliette, cela ne l’empêche pas de dévorer Claire des yeux. Celle-ci se sent de plus en plus mal. Elle manque d’air… Victor n’est plus le tendre jeune homme dont elle rêve depuis des semaines, elle a l’impression d’en voir un autre : c’est peut-être l’effet de ces maudites cigarettes et de la boisson mais en tous cas, elle ne reconnaît plus le Victor qui lui a offert le tableau de Nicolas de Staël, celui qui lui a murmuré et écrit des mots d’amour, donné le doux surnom de Clara… Non, elle c’est Claire ! Claire Laforêt ! Elle se lève, quitte le canapé où elle se sent s’enfoncer comme dans un sable mouvant. La musique, la fumée des bougies et des cigarettes lui donnent presque la nausée. Elle se lève laissant Victor tout à son numéro face à Marilyn. Elle va à la cuisine se chercher un verre d’eau et tenter de se ressaisir. Tout d’un coup, elle sursaute : Eric s’approche d’elle et la coince contre le frigo :

«  Claire…oublions les autres, tous les autres…je suis fou de toi…je t’aime » et se penchant de plus en plus vers elle, il l’embrasse de force. Ce baiser la dégoûte, il a le goût de l’alcool, de la trahison. Elle veut se dégager mais il est fort et maintient son emprise.

« Eric ? Je… » La voix de Juliette retentit à cet instant et s’arrête aussitôt, comme coupée dans son élan. Eric relâche Claire qui se dégage très vite et court vers Juliette dont le visage vient de se décomposer. Juliette se précipite dans l’escalier et s’enfuit dans sa chambre. Claire la suit comme une somnambule :

«  Juliette ! »

Mais Juliette s’est enfermée et refuse de lui ouvrir. Claire entend ses sanglots, se laisse glisser par terre et l’appelle doucement :

« Juju, écoute moi… »

Mais elle a beau l’appeler, Juliette n’ouvre pas. A bout de force, Claire redescend dans le salon pour chercher de l’aide : Victor… ou mieux Nathalie… Stupeur ! Quand elle arrive sur le seuil du salon, une vision la cloue sur  place : Victor et Marilyn dansant enlacés et s’embrassant à pleine bouche. Aveuglée par ses larmes, Claire sort immédiatement du salon, attrape son manteau et son portable. Il est quatre heures du matin, elle grelotte dans la rue en attendant le taxi. Personne ne l’a vue sortir, même pas Victor son prétendu amoureux, se dit-elle amèrement… Le taxi la conduit chez elle. Face au chauffeur, elle a séché ses larmes, elle arrive chez elle et rentre dans l’appartement désert. Luce est encore chez elle. Elles ne doivent se retrouver que dans l’après-midi. Sébastien est à Paris, ses parents à New-York, Juliette, sa seule amie a refusé de lui ouvrir sa porte, Eric a sali l’amitié des deux jeunes filles en l’embrassant de force, Victor l’a trahie avec son ennemie…

Elle s’écroule sur son lit en pleurant. Puis elle se relève pour jeter le cadeau de Victor à la poubelle et déchirer ses lettres… Son portable sonne à plusieurs reprises…Elle ne l’entend même pas. Elle reste prostrée sur son lit. Face au vide.

 

A suivre : 

Chapitre 9

Triste lendemain

Photo : Eric Rose

Photo : Eric Rose

Voir les commentaires

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #haïku, #amour, #senryû, #photo
 
1.
 
nos draps de satin
en gardent encore les traces 
~ amoureuse ardeur 
 
2.
 
ton prochain départ~ 
dans tes baisers enfiévrés 
j'avale mes larmes
 
 
3.
 
bandeau sur les yeux 
je m'abandonne à tes mains 
encore et encore 
 
4.
 
ô sans se lasser 
se délacer s'enlacer
s'aimer enlacés 
 
5.
 
 radieux ce soleil 
fait l'amour avec la pluie 
~ quel bel arc-en-ciel 
 
©nk 
 
 
 
Haïkus écrits dans le cadre du Prix du Haïku du Printemps de Short Edition - Thème : L'étreinte, avec la contrainte de ne pas employer le mot. Vous pouvez voter par l'un ou l'autre de ces haïkus en suivant ce lien:

 

 

Klimt : l'accomplissement (détail)

Klimt : l'accomplissement (détail)

Voir les commentaires

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #Les silences de Claire, #adolescence, #amour

Chapitre 7

Une visite impromptue

 

 

 

               Après cet inoubliable concert, Claire était sur un nuage, d’autant plus qu’après le concert, Victor l’avait raccompagnée chez elle dans sa voiture et avant de la quitter, il l’avait cette fois-ci carrément prise dans ses bras en lui disant des mots doux et fous à l’oreille. Il s’était mis à lui dire : « ma Clara, ma muse, mon amour… » Claire était un peu intimidée par ce torrent d’aveux après ces semaines de questionnements sur leur relation d’amour-amitié.

               En fait, Victor était lui-même dans un état second, réactionnel aux émotions du concert. Il était comme enivré et Claire lui apparaissait comme son Eden. La musique avait fait tomber toutes les barrières : timidité, pudeur. Cette nuit-là, Claire peina à trouver le sommeil. Elle revoyait Victor en train de « lui » chanter « Blue smile », puis elle réentendait ses mots, rien que pour elle : « Ma Clara, ma muse, mon amour… » Toutes ces images défilaient devant ses yeux comme un film qui repassait sans cesse les mêmes scènes : et le baiser, et les mots doux, et les caresses. Cela revenait en boucle : le concert, le baiser, la déclaration, les caresses. Impossible de dormir ! Claire ouvrit ses volets et regarda à travers sa fenêtre les lumières de la ville s’éteindre petit à petit, le ciel pâlir et le doux soleil d’hiver se lever.

               A sept heures, elle était dans la cuisine, nez à nez avec son père, levé de bonne heure pour aller chercher  son frère Sébastien à la gare :

" Dis-donc Claire ! Tu es tombée du lit pour un jour de vacances, lui dit son père amusé. Je vais chercher Séb à la gare, tu m’accompagnes ?

- Oui, donne moi un instant " souffla Claire, trop heureuse de revoir son frère et de bouger pour dépenser son grand bonheur tout neuf.

Jean-Michel remarqua la nouvelle lueur qui brillait dans les yeux de sa fille mais il ne fit pas de commentaires. Par contre, à peine arrivé, Sébastien s’est mis à charrier sa sœur :

" Dis donc Clarinette (le surnom de leur enfance), je rêve… tu es tombée du lit ma parole ! Ma petite sœur préférée qui vient m’attendre à la gare, c’est nouveau ! Super bonne surprise remarque, mais ça cache quelque chose … "

Claire rit mais ne répondit rien à son habitude. Père et fils déjà reprenaient leurs discussions passionnées sur le monde et la politique. Claire les entendait et leurs voix berçaient son rêve : Victor, son amour tout neuf.

 

 A neuf heures, le téléphone sonna chez les Laforêt. Sébastien décrocha :

" Clarinette ! C’est pour toi ! "

Le cœur battant, Claire prit le combiné. C’était bien lui…

"  Clara…

- oui..

- Tu as dormi?

- Non...

- Moi non plus (il rit). Ma Clara, il faut que je te voie avant de partir...

- Tu pars? tu ne m'avais rient dit...

- Je pars juste quelques jours chez ma soeur ainée dans le Vercors passer Noël en famille. Mais je te jure que je serai là le 31 décembre et que je t'appelerai tous les jours... mon amour... D'accord?

-Oui...

Claire était encore plus silencieuse que d’habitude, tellement riche d’émotions indicibles. Victor reprit après un silence amoureux :

" Clara… en vrai, je suis en bas de chez toi, j’ai un cadeau de Noël et je brûle de te voir. Je peux monter ?

- Oui! Monte!

Claire, un peu embarrassée, dit à son père et à Séb qui étaient en train de petit-déjeuner dans la cuisine :

" On va sonner. C’est un copain qui passe m’apporter quelque chose.

- No problem Clarinette! dit Seb en riant.

Claire est allée ouvrir et Victor s’est engouffré dans l’appartement. Il a à peine salué Jean-Michel et Sébastien d’un air gêné :

"  Bonjour, je suis Victor, un ami de Claire…

- Bonjour! lui ont répondu d'un même air amusé le père et le fils.

Puis cette formalité expédiée en quatrième vitesse, Claire et Victor se sont retrouvés enfin seuls dans la chambre de la jeune fille. Victor a dit en entrant dans la chambre :

"  Clara, c’est magnifique ta chambre…ton domaine… c’est toi… "

Puis il l’a prise dans ses bras et s’est mis à l’embrasser avec un mélange de fougue et de douceur. Enfin, il a dit :

" J’ai un cadeau pour toi, Claire, ma Clara…Ouvre –le "

Claire défit le petit paquet, c’était une reproduction d’une marine de Nicolas de Staël dont Victor avait fait l’encadrement. Cet encadrement, peint par lui ajoutait une touche d’ardeur juvénile au tableau de  Nicolas de Staël.

"  Merci Victor…c’est très beau. Je n’ai…

- Claire, la coupa doucement Victor, tu es là, je ne sui pas vennu te voir pour que tu me donnes un cadeau mais juste parce qu'il fallait que je te voie..."

Les deux amoureux s’assirent sur le lit de Claire et Victor se mit à examiner les toiles et les dessins de la jeune fille.

" Je peux ?

- bien sûr tu peux..."

Victor prit un des projets d’affiches que Claire avait dessiné pour le concert des Blue Cats. Il dit :

" Je peux le prendre  ce dessin-là ?

- Oui si tu l'aimes.

- Beaucoup! Dédicace-le moi."

Très tendrement, Victor finit par dire à Claire :

"  Je dois y aller maintenant…Nous partons ce matin, mes parents doivent se demander où je suis passé. Mais je ne pouvais pas partir sans t’avoir revue, après cette nuit. Tu m’excuseras auprès de tes parents pour être venu si tôt ?

- Ne t'inquiète pas de ça Victor...

- D'accord!

- Viens! "

Et Claire, la timide, la farouche, l’enlaça à son tour et ils roulèrent tous les deux sur son lit. Puis Victor poussa un soupir et dit :

"  Il faut vraiment que je m’en aille là… Clara"

Claire le raccompagna à la porte, ils croisèrent Mathilde qui se levait. Il n’était que neuf et demie ! Victor, gêné, lui dit sur un ton de petit garçon :

" Bonjour Madame. Je suis juste passé  apporter un cadeau de Noël à votre fille. Je pars maintenant.

- Très bien, à une prochaine fois alors...

- Oui, au revoir."

Claire et Victor se séparent très sobrement sur le palier, en se tenant les mains chacun l’un de l’autre. Claire dans un souffle dit très bas :

" Je t’aime … "

Victor sourit puis lui dit :

"  Je t’appelle ce soir dès que je suis arrivé chez ma sœur. Au revoir ma très belle… "

 

Dès que Claire eut refermé la porte, son frère lui dit tout de go :

" Eh bien celui-là, il est foutu ! Dingue de toi ! "

Jean-Michel et Mathilde sourirent,  Mathilde ajouta simplement :

"  Il est beau garçon et surtout il avait l’air pressé de te voir ce matin ! "

 

 

 

A suivre...

Chapitre 8

Une soirée au goût amer

 

 

 

 

 

 

 

Tableau de André Kohn

Tableau de André Kohn

Voir les commentaires

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #senryû, #parfum, #amour, #photo

ton odeur sur ma peau -

mon parfum le plus cher

 

©nk

Voir les commentaires

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #Les silences de Claire, #adolescence, #amour, #photo

 

Chapitre 6

Le concert des Blue Cats

 

 

 

               Le premier trimestre allait se terminer, Claire avait été brillante mais ses camarades de classe avaient l’air de s’y être habitués. Marilyn Bel était devenue moins virulente en classe, elle ne contrait plus Claire systématiquement, elle avait adopté une autre tactique : l’encerclement pour pouvoir attacher Claire à la nombreuse cour de ses admirateurs et réduire ainsi l’influence de cette dernière. Car Claire ne laissait pas indifférent, sa personnalité en irritait plus d’un et en fascinait d’autres sans que Claire ne fasse rien ni dans un sens ni dans l’autre. Claire ne se fiait qu’à Juliette dans leur classe. Elle avait aussi confiance et respect envers ses deux profs préférées : Fabienne Mayer en français et Caroline Bandol en arts plastiques. Les autres profs étaient soit secs ( anglais et maths), soit insignifiants voire carrément pénibles (Cathie Tillet, la prof d’allemand gauche et pour tout dire un peu lourde !). Cependant, la vie au lycée lui était agréable grâce à Juliette , ses deux professeures préférées et Victor son quasi-amoureux.

 

               Le concert était programmé juste avant les vacances de Noël. Caroline Bandol leur avait fait concevoir des affiches début décembre. Claire avait mis un soin tout particulier à calligraphier les lettres et à imaginer un logo pour le groupe Blue Cats. Des affiches avaient été diffusées dans le lycée et chez les commerçants alentour.

               C’est dans le gymnase que le concert allait avoir lieu. Claire était assise au premier rang avec Juliette, le cœur  battant comme si elle allait se produire elle-même, d’autant plus émue qu’avant le spectacle, Victor l’avait prise à part pour lui murmurer :

« Je vais chanter pour toi ce soir ! »

               Une estrade avait été installée, le matériel des Blue Cats monté : batterie, synthétiseurs, micros, amplis. Monsieur Olivier, le professeur de musique avait présenté les membres du groupe et dit quelques mots sur le programme qui mêlerait chansons originales écrites par le groupe et standards du rock. Victor était plus ténébreux que jamais, habillé tout en noir, avec un long gilet sur son jean et son tee-shirt, les yeux maquillés au khôl noir. Marilyn était étincelante avec son haut bleu dénudé à paillettes et un jean pattes d’éph. Eric était le plus sobre, jean et pulls noirs, à peine maquillé.

               Les éclairages étaient réglés par des professionnels dont le lycée avait loué les services, ils avaient apporté leur matériel. Pendant que Victor interprétait « Blue smile » la chanson préférée de Claire , il était éclairé par une lumière d’un bleu électrique, il était magnifique et il ne la quittait pas du regard, plongeant ses yeux et son chant dans le cœur troublé de Claire. Celle-ci n’entendait que la voix du jeune homme, l’accompagnement musical et le souffle du public s’étant comme évaporés. Elle était dans une bulle avec Victor, se sentant aussi proche de lui que si elle s’était tenue dans ses bras.

               Les applaudissements ont crépité ;  après les Blue Cats, il y avait une autre exhibition : la chorale du lycée chantant du gospel. A ce moment-là, Victor, Eric et Marilyn ont rejoint Claire et Juliette et pris place à côté d’elles sur le banc. Victor s’est glissé près de Claire et à la faveur de l’obscurité, il s’est rapproché d’elle, l’a embrassée dans le cou et lui a pris la main. Ensuite, à travers le bruit de la salle, Claire a senti le souffle de Victor près de son oreille et elle a à peine pu entendre son chuchotement : « Claire… Je t’aime… »

 

A suivre

Chapitre 7

Une visite impromptue

Tableau de André Kohn

Tableau de André Kohn

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>

De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivaine, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

Articles récents

Hébergé par Overblog