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Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #Murielle au violon, #musique, #photo

 

Chapitre 4

Violoniste !

 

 

C’est la rentrée, j’ai sept ans et je suis élève au Conservatoire dans la classe de Gilles Carlier, un jeune professeur nourri de l’école russe du violon. Ah il n’est pas banal mon nouveau professeur ! Il est français par son père, un diplomate, et russe par sa mère, la pianiste Elena Volkoff, grande concertiste et également professeur au Conservatoire Tchaïkowski de Moscou. C’est là que mon nouveau professeur a grandi et fait ses classes de violon. Il parle parfaitement le français et le russe, mais ce qui nous amuse, à nous autres ses élèves, c’est qu’il retrouve son accent russe quand il s’énerve ! Cela donne des « Mourrrielle ! Tes doubles crrrroches ! »en roulant férocement les « r » ! « Mourrrielle ! » Cependant je dois reconnaître qu’il ne s’énerve pas beaucoup contre moi, je l’entends beaucoup plus s’emporter quand je passe devant la porte de sa salle. Il a du tempérament mais il respecte vraiment le travail de Madame Dulyonnais. Il la connaissait de réputation et il se félicite que j’ai commencé le violon sous son patronage. Par semaine, j’ai deux cours de solfège avec lectures de notes en différentes clefs, des dictées musicales et du chant, et puis un cours de violon. L’année prochaine, j’aurai la chorale en plus.

Au moins une fois par semaine, j’allais chez Madame Dulyonnais, je lui jouais mes nouveaux morceaux, elle m’apportait toujours les conseils judicieux d’une grande musicienne. Elle se montrait très contente de l’enseignement que je recevais. Miolo, le chien, se faisait vieux, mais les deux chats Blanche et Banjo, plus jeunes, faisaient des facéties sur le tapis. Sur le conseil de Madame Dulyonnais, j’ai posé ma candidature pour aller en classes d’horaires aménagés, c’est pratique pour faire plus de musique.

Ainsi, pour ma troisième année d’école primaire, j’ai fait ma rentrée en classes à horaires aménagés. J’ai retrouvé dans ma classe Jérôme Ervan, un élève de Gilles Carlier comme moi que je connaissais déjà. Mais ce n’était pas un garçon sympa, il avait l’air assez jaloux même. Parfois Gilles Carlier nous donnait des cours communs, et s’il me prenait en exemple, je surprenais un regard noir de Jérôme Ervan posé sur moi. Moi, je demeurais assez timide en classe et même à la maison. Il n’y avait qu’avec mon violon que je sortais de moi-même. J’étais une autre Murielle, la vraie Murielle sans doute. C’est ce que je pensais dans mon lit le soir avant de m’endormir : je suis une violoniste et je serai une violoniste professionnelle, comme Madame Dulyonnais ! C’était mon secret mais j’étais passionnée.

Je lisais le soir des partitions que me prêtait Madame Dulyonnais et puis la vie des grands compositeurs. On en parlait en classe mais moi je voulais toujours en savoir plus, alors maman m’achetait des disques où était racontée la vie des compositeurs avec des extraits d’œuvres. C’est ainsi que je me suis passionnée pour Vivaldi, puis pour Jean-Sébastien Bach. Dans ma classe, je suis devenue amie avec Olivier Karl, il était le premier de la classe aussi bien dans les disciplines scolaires que musicales, ce qui rendait Jérôme Ervan envieux car il se retrouvait toujours second, derrière Olivier en classe, et derrière moi en violon. Olivier lui était pianiste. On se ressemblait un peu sur le plan de la réserve, et surtout de la passion pour la musique ! Rapidement, nous avons joué en duos. On a commencé par les premières sonates pour violon et piano composées par le jeune Mozart. Avec Olivier, c’était un bonheur de jouer, ce n’était pas comme avec Jérôme ! Quand Gilles nous faisait travailler en duo, il y avait toujours quelque chose qui clochait, il faisait toujours retomber les erreurs sur moi : soit je n’étais pas en mesure, soit j’avais joué faux et ça l’avait perturbé… Gilles Carlier n’était pas dupe mais c’était pénible de supporter cette jalousie mesquine. Un jour, je m’en suis ouverte à Madame Dulyonnais, elle ne m’a pas vraiment consolée, elle m’a juste fait remarquer que ce n’était que le début des jalousies que j’allais rencontrer sur mon parcours :

« Plus tu es douée, plus ça gêne les autres, ceux qui le sont moins que toi. Alors ils cherchent à te mettre en difficultés, mais ne t’inquiète pas, ma petite Murielle, tu as de la ressource en toi. Ton amour de la musique fait ta force. »

 

A suivre ...

Chapitre 5 : Epreuves

 

 

 

Sherree Valentine Daines

Sherree Valentine Daines

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De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivaine, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

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