" />
Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance, #photo

Chapitre 2

Jardin musical

 

 

Papa et Nattie ont quatre ans d’écart, elle et maman ont le même âge. Je croyais que c’était par Nattie que mes parents s’étaient connus, mais en fait non, maman a rencontré Olivier en premier. Nattie me montre une photo de papa à quatorze ans, dans un costume bleu marine, très chic ! Il est à côté d’une jeune violoniste blonde en robe noire. Tiens je la reconnais ! C’est Murielle Kovalic, l’amie violoniste de mes parents, un vrai oiseau migrateur, pire que ma mère ! Elle fait une carrière internationale de soliste. C’était au Conservatoire de Toulouse, papa donnait une audition avec Murielle, et c’est ce jour-là qu’ils se sont rencontrés : maman était l’amie de Murielle. Elle n’avait pas encore commencé la musique, c’était juste après sa chute de cheval, un accident sérieux qui l’avait empêchée de pouvoir présenter l’examen d’entrée de l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris. Elle se destinait à être danseuse. Elle avait à peu près mon âge quand elle s’est tournée vers la musique. C’est à ce moment là qu’elles se sont rencontrées avec Nattie, elles étaient dans la même classe en solfège puis au collège. Elles sont devenues amies et papa et maman se sont rapprochés de plus en plus à chaque fois qu’ils se voyaient.

« Ils étaient aussi passionnés de musique l’un que l’autre, d’une façon plus intense que moi, ça les a tout de suite rapprochés. Et puis tu sais, c’est cette mystérieuse étincelle de l’amour…me raconte Nattie.

-Tiens une autre photo de papa, il était petit, il est marrant avec toutes ces casseroles !

- Ah oui, c’est quand il s’était fabriqué sa « batterie » au jardin en prenant les casseroles de maman !

- C’est rigolo ! Et maman, elle l’a vue cette photo ? Elle qui fait de la batterie pour de vrai !

- On a dû lui raconter en tous cas. »

 

Tout petit, papa avait eu sa vocation de musicien. Mamoune s’était bien sûr aperçue qu’il avait une grande attirance vers la musique, la fameuse oreille musicale ; il chantait très juste et avec des nuances même ses premières comptines, et il s’est vite intéressé au piano. Quand sa mère jouait, il s’approchait et lui aussi posait ses petites mains dès qu’il a su marcher pour mêler son grain de sel à la musique de sa mère. Puis, plus grand, à trois-quatre ans, il s’installait sur la tabouret, ouvrait le piano et jouait sans se lasser. Il retrouvait de mémoire les chansons qu’on lui apprenait. Mamoune l’a inscrit au « Jardin Musical » à quatre ans. Il pouvait commencer la musique ! Là il a commencé à apprendre la musique avant l’alphabet !

Il jouait sur de minis instruments de percussions : des petits claviers, des cymbales, etc. Nattie me montre une photo marrante. C’est à la fête de fin d’année à son jardin musical, on voit papa tenir une cymbale en louchant sur un autre petit garçon qui lui se tient fièrement devant son xylophone en brandissant ses baguettes ! Papa avait vraiment envie du clavier, c’est clair ! Elle m’amuse et m’attendrit cette photo… Nattie s’en aperçoit et elle me propose de m’en montrer d’autres encore. Je crois qu’elle veut profiter de mon attendrissement pour aller me chatouiller sous ma carapace anti-musique !

Cela me faisait vraiment plaisir de regarder toutes ces vieilles photographies ; je ne le montrais pas trop à Nattie mais cela me remuait de voir papa à mon âge assis au piano, tellement concentré et attentif déjà ! Cela me faisait tout bizarre de m’apercevoir qu’il avait eu sa vocation de musicien si jeune. Je crois qu’à mon attitude habituelle, disons mon ras-le-bol de la « musique de mes parents », se substituait un autre sentiment, déjà présent en moi mais camouflé sous ma révolte : de l’admiration…

Ce soir-là, dans mon lit, dans la chambre d’amie du « Nisal » -la maison de Nattie-, je me repassais dans ma tête toutes les images. Papa, un petit prince du piano, un élève très attentif et très doué, très beau aussi. Je comprenais mieux la source de leur amour à maman et lui. Ah maman avait dû fondre en le rencontrant, tout comme j’ai fondu à mon tour devant les photos ! Quelque chose me fascinait dans tout ça : c’était sa vocation ! Quelle chance d’avoir une vocation, de savoir tout de suite dans quelle direction on veut aller dans la vie ! Comme tout doit sembler simple si on sait ce qu’on veut faire !

Mes cousins eux au moins ont des rêves d’avenir : pilote, ingénieur ! Moi, j’ai répondu à Nattie « championne de patinage », c’est n’importe quoi ! J’aime bien mais je ne me vois pas faire que ça. C’est sûr que j’ai un grand sens de l’équilibre et que j’ai besoin de remuer. Mais ça ne fait pas une vocation ça ! Je crois que c’est avec maman que je suis allée pour la première fois à la patinoire. Mais bon, la patinoire, ce n’est pas la musique ! Je m’en rends bien compte, ça ne remplit pas toute ma vie et tout mon cœur comme la musique remplit la vie de mes parents depuis leur enfance ! Pourquoi pas moi ? Pourquoi je ne sais pas où aller moi ? Des larmes mes piquent un peu les yeux. Je me sens toute petite dans mon lit. Toute seule. Comme mes parents me manquent !

Je ne le dirai à personne, surtout pas à eux ! Quand ils me téléphoneront, je ferai la fille très occupée, très dégagée… De toute façon, ils s’en fichent bien…

 

 

à suivre...

Chapitre 3

Jours de vacances

 

 

 

Olivier Karl, au Jardin Musical (debout,  à droite)

Olivier Karl, au Jardin Musical (debout, à droite)

Commenter cet article

amidieu 30/10/2015 11:51

cette belle passion musicale me rappelle le chanteur de «nez rouge» tu vois à qui je peux bien penser ??

Cécile-Natacha Carle-Bezsonoff 03/11/2015 08:55

Eh oui, c'est bien lui ou presque!

De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivaine, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

Articles récents

Hébergé par Overblog