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Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #poème, #musique, #piano, #photo, #méditation
Comme un piano perdu

Le monde est sourd

Le monde est muet

Les pianos sont fermés

La maison Pleyel n'existe plus

Les manufactures de piano ont disparu

À Yamaha, on ne fabrique plus que des moteurs

Les marteaux sans feutre résonnent comme des bruits de bottes

Des armées désolées des notes envolées

Tu marches dans cette rue dérobée

Dans cette ville fantôme tu avances

Tu fonces comme un train dans la nuit

Tes mains comme des oiseaux malades cherchent leur espace

Tes doigts dansent en silence

À leur clavier perdu ils sont en résistance

Ils manquent d'air

Ils cherchent leur oxygène

Le martèlement secret du temps sur l'ivoire éternel

Tes mains tes doigts nagent dans une mer muette

Nous sommes tous sourds ou c'est eux qui sont fous

Le monde est devenu vide depuis que les pianos sont interdits

Depuis que la musique est morte dans des hoquets sanglants

Le monde s'écrit envers et contre tout dans le fracas obscène des paroles vaines

Du tintamarre têtu des télés souveraines

Des écrans qui dirigent tout qui avalent les cœurs et les corps

Les mots ont avalé les esprits

Les mots ont trahi le silence avalé les transes blanchi les sentiments

On ne pense plus on parle on déblatère

On crie on désespère

On n'entend ni n'écoute

On n'y comprend goutte

On n'écoute plus on ne fait qu'ouvrir les yeux sans fin ni trêve

On ne rêve plus on n'entend plus la voix du moindre piano

Les salons sont déserts les chambres oubliées

On agite ses doigts sur des écrans plats

On est dans le visible à peine tactile

On a perdu nos oreilles

On a oublié d'écouter le soleil

Le monde est sourd muet et imbécile

La musique engloutie dans la mer sans murmures

Planté comme un épouvantail tu danses sans pareil

La voix de la musique dort dans les coquillages

La voix de la marée palpite doucement

Les oiseaux le savent bien

Que tout n'est que musique

Dans le cocon nacré de la vie utérine

Sur la bouche douce du tout premier sourire

La musique et l'amour célèbrent leurs épousailles

La musique et l'amour blotties comme un escargot

Au-delà du temps se réveillent...

Comme un piano sourd tu redeviens vivant

Des voix d'enfants cachées dans l'océan

Tu redeviens vivant sous la poussière des heures

Tu repousses les blablas les sarcasmes les inepties en boucle les injonctions fatales

Tu repousses le temps les cris et les oublis

Pianiste tu peins les heures pleines

Tu redonnes aux oreilles matière et vérité

L'étoffe sensible la parure innocente

La naissance du jour

L'écho de l'origine...

A l'intérieur de la manufacture de pianos Steinway

A l'intérieur de la manufacture de pianos Steinway

Commenter cet article

Laurent 13/01/2014 22:49

Texte très fort !

Cécile Natacha Carle-Bezsonoff 13/01/2014 23:25

Inspiré par toi...!

De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivain, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

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