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Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #Les silences de Claire, #adolescence, #photo

Chapitre 11

«  C’est vous qui avez sauvé Claire… »

 

 

 

Il est six heures et demie quand Luce se réveille dans l’appartement silencieux. Elle n’a pas bien dormi, inquiète dans son sommeil pour sa petite fille. A la cuisine, elle boit un verre d’eau, puis va voir dans la chambre si Claire dort encore. Personne ! Le lit est à peine défait, les habits qu’elle portait hier ne sont plus sur la chaise ! Luce a un coup au cœur. Non, ce n’est pas vrai ! Elle n’est pas encore partie sans prévenir dans la nuit ! Où est-elle donc passée ? Luce tombe sur le lit et réfléchit. Il faut appeler les hôpitaux, le commissariat… si Claire a fait une bêtise… et dans l’état où elle était hier, il est bien possible hélas qu’elle soit partie à la dérive… Tout à coup, le téléphone perce le silence de l’appartement. Luce court presque pour décrocher. C’est l’hôpital ! Une standardiste lui annonce sans ménagements :

« Madame Luce Ramon ? Votre petite fille Claire Laforêt est au service des urgences. Elle est arrivée tout à l’heure après une tentative de suicide. »

Luce s’écrie avec stupeur :

«  Ce n’est pas possible… Claire… »

La standardiste reprend sur un ton plus compréhensif :

« Ne vous inquiétez pas, madame. Le danger est écarté. Pouvez-vous vous rendre à l’hôpital ? Nous avons besoin de vous voir.

- J'arrive tout de suite.

Luce raccroche, le souffle court. Elle appelle Georges, elle ne se sent pas le courage d’ aller seule à l’hôpital. Elle a les jambes coupées. Son ami arrive très vite et ensemble ils partent pour l’hôpital. A l’accueil, Luce se présente :

«  Luce Ramon. Ma petite fille Claire Laforêt est ici aux urgences. On m’a appelée tout à l’heure.

- Oui madame. Attendez un instant en salle d'attente à droite. Le docteur Guillaume va venir vous chercher.

En l’attendant, Georges serre la main de Luce et l’encourage :

« Le plus dur est passé Luce. Claire ne peut que remonter maintenant. Tu vas voir. »

Un instant plus tard, le docteur Guillaume se présente devant eux avec un sourire chaleureux et rassurant.

«  Bonjour. Madame Ramon ?

- Oui.

- Votre petite-fille nous a donné vos coordonnées.Rassurez-vous, elle est hors de danger. Venez avec moi, nous allons parler ensemble pour comprendre ce qui s'est passé.

Une fois dans son bureau, le docteur Guillaume reprend :

«  Claire a fait ce matin vers six heures une tentative de suicide. Le docteur Montalvat, interne dans notre service, l’a repêchée ce matin dans la Garonne.

- Mon Dieu... dit Luce dans un souffle.

- Avez-vous une idée de ce qui a pu motiver son geste?

- Oui, je crois que c'est réactionnel à un choc affectif survenu dans la nuit du 31 décembre.

- Je vois. L'état physique de Claire est stabilisé; ce qui m'inquiète un peu, c'est au niveau psychologique : son état de prostration. Je crois qu'il serait préférable de l'hospitaliser quelques jours dans un service spécialisé. Ses parents ne sont pas là?

- Non, ses parents sont à New-York; elle est sous ma responsabilité. Voici le docteur Aymar, un ami de la famille qui connaît bien Claire. Qu'en penses-tu Georges?

- Effectivement je suis d’accord avec le docteur Guillaume, d’autant plus que j’ai constaté combien Claire est abattue hier après-midi déjà. Il faut passer le cap de quelques jours, garder Claire en observation pour qu’elle ne risque pas de se remettre en danger et que toi-même tu puisses te tranquilliser.

- Je peux vous proposer l’hospitalisation dans le service de psychiatrie de l’hôpital ou à la Clinique des Glycines.

- La Clinique des Glycines est bien, Luce, intervint Georges. Je crois que c’est là que Claire serait le mieux, c’est une petite structure à taille humaine.

- C’est d’accord pour la Clinique des Glycines, docteur Guillaume, dit Luce. Puis-je voir Claire maintenant ?

- Oui, elle est endormie à présent. Nous allons la faire transporter à la Clinique dans l’après-midi. Vous pourrez la voir un peu plus longuement tout à l’heure lors de son admission. Je vous accompagne maintenant auprès d’elle. »

Luce pénétra dans la chambre où Claire était endormie, sous sédatifs, une perfusion au bras. Sa grand-mère fut profondément émue de la voir ainsi, si blanche, au milieu de tout ce blanc hospitalier. Elle resta un instant, la regardant dormir et écoutant sa respiration régulière, ce qui la rasséréna un peu. Elle déposa un baiser sur le front de sa petite fille et quitta la pièce au bras de Georges Aymar. Dans le couloir, un jeune interne se présenta à elle, grand, solide :

«  Bonjour  madame. Je suis Fabien Montalvat. C’est moi qui…

- C’est vous qui avez sauvé Claire ! l’interrompit Luce les yeux brillants d’émotion. Je ne sais pas comment vous dire toute ma reconnaissance…

- Je suis passé par là au bon moment, dit Fabien avec une simplicité qui toucha profondément Luce. Ne vous inquiétez pas trop madame. Votre petite fille est jeune, elle va vite se remettre.

- Merci…je l’espère… On la conduit cet après-midi à la Clinique des Glycines.

- Elle y sera très bien. Je connais cet établissement, l’encadrement médical et psychologique y est de très bonne qualité. Au revoir et bon courage à vous.

- Merci docteur, lui dit Luce avec reconnaissance et sympathie.

 

                Soutenue par Georges, Luce sortit de l’hôpital. Ils s’installèrent dans un café pour prendre le petit déjeuner. Luce dit :

«  Cette fois, il faut que j’appelle Mathilde et Jean-Michel à New-York. La situation est devenue trop grave.

- Effectivement, il vaut mieux qu’ils rentrent le plus tôt possible. Claire va avoir besoin du soutien affectif de tous ses proches. Et pour toi aussi ce sera plus facile Luce. »

Epuisée par la tension accumulée depuis la veille, Luce craqua et se mit à pleurer. Georges l’entoura de ses bras en lui murmurant :

«  Je suis là Luce, je suis avec toi. » et il lui essuya une larme avec le dos de sa main.

 

à suivre

Loui Jover : Papier usé et encre noire

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De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivain, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

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