" />
Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #Les silences de Claire, #adolescence

Chapitre 3

Rencontres

 

 

Somme toute, la rentrée dans ce nouveau lycée s’était bien passée. Mathilde et Jean-Michel étaient rassurés pour leur fille depuis qu’ils avaient rencontré Juliette Ruska. La première visite de Juliette s’était faite simplement. Claire avait manqué le lycée pendant trois jours à cause d’une bronchite et à cette occasion, Juliette était venue lui apporter les photocopies des cours que Claire avait manqués.

Juliette était entrée dans le « refuge » de Claire, une vaste pièce très ensoleillée, aux murs tendus de paille de riz teintée ocre. Juliette était restée ébahie devant tous les rayonnages plein de livres, les nombreux cartons à dessins, les toiles posées dans un coin, même pas accrochées, les pots de crayons, les tubes de peinture.

« Dis donc Claire ! On se croirait carrément dans l’atelier d’un peintre ! » s’était exclamée Juliette avec enthousiasme.

Claire avait esquissé un joli sourire timide, sans répondre. Mathilde, très contente de rencontrer une amie de Claire, plus exactement heureuse de voir que sa fille avait enfin trouvé une vraie amie, avait proposé un goûter aux filles. Elle avait toqué à la porte de la chambre, puis répondant à l’invitation à entrer, elle avait dit en passant la tête dans l’entrebâillement de la porte :

- Je sais que vous êtes grandes les filles, mais que penseriez-vous d’un thé et de pain perdu brioché pour goûter ?

-Oui merci! C'est très gentil, avait répondu Juliette. C'est marrant car c'est le même gouter que prépare ma mère traditionnellement!

- Eh bien, tu vois, c'est un signe! avait conclu Mathilde en souriant.

 

Claire était beaucoup moins volubile que Juliette mais son silence et l’enthousiasme de Juliette s’accordaient bien comme les deux faces d’une même médaille. Ni l’une, ni l’autre ne parlaient à tort ou à travers, leur échange avait toujours valeur d’entente et de confiance. C’est pourquoi après Mathilde puis Jean-Michel qui avait rencontré Juliette à une autre occasion, Claire a décidé de présenter Juliette à sa grand-mère Luce.

C’était un mercredi midi après les cours, elles sont montées toutes les deux à l’appartement de la grand-mère de Claire situé au bord de la Garonne, non loin du Conservatoire de Musique. Juliette en passant devant le bâtiment a évoqué sa sœur Nina :

-  Cela me rappelle plein de souvenirs ce quartier ! Combien de fois je suis venue écouter Nina à ses auditions de piano, puis de percussions. Et quand elle a joué les « Nuits blanches » l’ oeuvre de son fiancé Olivier ; et quand elle a dirigé sa propre composition l’année de son départ pour Paris…

- Ne sois pas triste ma Juju, répondit Claire qui reprenait parfois avec affection le vieux surnom de son amie.

Heureusement, elles arrivaient chez Luce Ramon, et la pointe de nostalgie de Juliette s’est vite émoussée devant la chaleur de cette vieille dame.  Luce Ramon avait des cheveux blancs mousseux coupés courts  et un regard très clair qui rappelait étrangement celui de sa petite fille. Dans l’appartement réchauffé de tapis et de tentures colorées, il y a un piano droit noir, Luce se tourne vers Juliette :

« Tu vois, tu pourras amener ta flûte un jour si le cœur t’en dit. Pendant qu’on fera un peu de musique, Claire fera notre portrait au fusain ! La jeune fille et la vieille dame dans le salon de musique. »

Juliette rit, et Claire aussi, plus détendue chez sa grand-mère que chez elle avec ses parents, nota Juliette. 

 

Petit à petit, Juliette et Claire devenaient de plus en plus proches, même si Claire taisait ses sentiments les plus profonds. Ce n’était pas de la dissimulation ni un manque de confiance envers Juliette mais elle ne pouvait pas se dire autrement que dans ses dessins ou ses devoirs de français, mais d’une façon un peu détournée, toujours en deçà de son émotion réelle : la partie visible de sa sensibilité n’en donnait pas toute l’intensité, de la même façon que ce qu’on voit d’un iceberg ne présume pas tous les dangers potentiels pour les navigateurs.

Claire n’avait pas dit à Juliette qu’elle aimerait rencontrer Victor Adelin, le jeune homme dont le dessin l’avait frappée à l’exposition. Au départ, c’était juste une rêverie autour de ce nom, puis elle avait vite eu l’occasion de l’apercevoir dans les couloirs du lycée, de mettre un visage sur un nom, et quelque chose d’ineffable avait commencé à naître.

 

 

à suivre... Chapitre 4 : L'amour muet

Les pinceaux de ClaireLes pinceaux de Claire

Les pinceaux de Claire

Commenter cet article

De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivain, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

Articles récents

Hébergé par Overblog