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Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance, #photos nk

Chapitre 8

En attendant maman

 

 

En attendant maman, nous sommes allés papa et moi chez mes grands-parents Ruska. Pendant que papa et dièdouchka faisait un duo piano-violon, babouchka m’a prise « entre quatre yeux » et m’a demandé ce que j’avais cet été :

« Ma petite Natacha, je vois bien que tu as mauvaise mine. Il y a quelque chose qui cloche. Tu as l’air préoccupée. Que se passe-t-il ? »

Je restais muette, butée dans mon silence. Babouchka reprit alors :

« C’est ta maman qui te manque ? ( pas de réponse) Ma chérie, nous allons partir pour Nice avec dièdouchka pour voir mes parents qui sont bien vieux, donc je ne vais pas pouvoir m’occuper de toi maintenant. Mais je te promets que nous irons à Vienne en septembre et que nous parlerons ensemble. D’accord ?

-Oui babouchka, je suis contente que vous veniez à Vienne. »

C’est tout ce que j’ai pu lui dire ; de mon bizarre sentiment de solitude, je n’ai rien dit ; je n’aurais pas réussi à le formuler de toute façon. Babouchka  nous avait préparé du pain perdu brioché que nous avons mangé accompagné d’un thé russe autour du samovar. Papa et dièdouchka parlaient musique car depuis qu’il était à la retraite, dièdouchka s’était remis complètement au violon. Décidément où que j’aille dans la famille, il y avait toujours la musique entre nous, à part chez Juliette et Rémi où il était question de poneys et de chevaux. Au lieu de voir que la musique était un lien puissant entre nous tous, un fil magique et doré, j’avais l’impression d’un nœud qui risquait de me couper le souffle en m’éloignant des autres.

Papa avait commencé la composition d’une pièce symphonique, inspirée par la campagne environnante et nourrie de son amour de la nature. Papa aimait les promenades à pied en forêt, en montagne, au bord des rivières. C’est au cours d’une promenade le long de la Garonne qu’il m’a parlé de son projet : « Terre bleue ». Cela me faisait plaisir qu’il se confie à moi, je sentais une complicité se nouer entre nous, même s’il passait moins de temps avec moi depuis qu’il s’était remis à composer. Il s’installait dans le salon de musique, à sa table de travail ou au piano pour composer sa « symphonie ».

Il m’avait promis que nous irions chez Juliette. J’avais hâte de la revoir, elle, Rémi et Veniso. Papa tint parole. Juliette a voulu nous garder à dormir. Elle a présenté Rémi à papa :

« Rémi, mon associé et mon fiancé ! »

J’étais heureuse de retrouver ma marraine, il y avait une harmonie entre nous quatre. La preuve, c’est que Juliette avait confié à son beau-frère le secret de sa relation avec Rémi. Je ne sais pas pourquoi elle ne voulait encore rien dire à ses parents. Papa, très discret, lui a promis de respecter son secret.

« J’en parlerai à Nina quand elle viendra » dit Juliette.

Quand Nina viendrait-elle ? Le mystère restait entier, papa me disait « elle va venir », mais il ne me disait jamais quand, cela restait toujours dans le vague. Je finissais par croire qu’elle ne viendrait pas, qu’ils me menaient en bateau. Et puis, début août, la grosse déception ! Papa m’annonce qu’il part pour Rome rejoindre maman pour la fin de sa tournée de concerts.

« Et moi, je ne peux pas venir ? demandai-je d’une petite voix.

  • Natacha, ce ne serait pas facile ni amusant pour toi : les répétitions, les concerts, se coucher tard le soir etc.
  • Mais je n’y suis jamais allée à Rome moi ! Pourtant, c’est là où je suis née ! protestai-je. J’aimerais tant y aller et revoir maman !
  • Natacha, tu es assez grande pour comprendre maintenant que ce voyage ne serait pas agréable pour toi. Tu viendras à Rome une autre fois, pour des vraies vacances, pas quand ta maman travaille. »

                J’ai bien compris que sa décision était prise, que ce n’était pas la peine d’insister. Je me suis sentie encore plus le « vilain petit canard » mis à l’écart. Ils voulaient être seuls dans la ville de leur amour, ils ne voulaient pas de moi ! Papa avait passé deux ans à Rome à la Villa Médicis en tant que compositeur invité. Maman l’avait rejoint les derniers mois et c’est là-bas que j’étais née. Ils avaient sans doute envie de revivre ce temps béni de leur amour et le travail de maman n’était qu’un prétexte…

                Pour bien marquer ma déception, je n’ai pas accompagné papa à l’aéroport, j’ai pris pour excuse que j’allais à une fête avec mes cousins chez des amis à eux. Papa s’est laissé prendre à mon mensonge. Il m’a dit en m’embrassant : 

« Je suis content que tu te sois fait une raison pour mon départ. Car cela ne vaut pas la peine de se miner. Nous serons revenus pour tes onze ans ! »

J’avais peine à le croire après ce voyage à Rome qu’on m’avait caché et qui tombait du ciel comme la foudre, semant dans mon cœur une nouvelle poignée de chagrin.

 

à suivre...

La fugue de Natacha - Chapitre 8

Commenter cet article

laurent 09/12/2015 21:55

<3<3

Cécile-Natacha Carle-Bezsonoff 10/12/2015 01:21

Une photo adorable... <3

De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivaine, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

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