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Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance, #photo

Chapitre 7

Les années parisiennes

 

 

                Après la soirée d’anniversaire de maman, la fameuse fête de ses quinze ans, Olivier et Nina sont devenus de plus en plus proches. Je ne sais pas quand se situe la première fois qu’ils se sont dit « je t’aime », ça reste leur secret. Je ne sais pas si c’est avant ou après le départ de papa pour Paris. Je sais que papa a intégré le Conservatoire Supérieur de Paris après la création à Toulouse de l’une de ses premières œuvres « Les Nuits Blanches » où maman tenait les parties de percussions. On a à la maison un enregistrement de cette œuvre. Je l’ai écoutée souvent, cette musique est un peu « bizarre » à mes oreilles. C’est peut-être parce que je n’ai pas encore vécu moi-même de « nuits blanches » !

                Papa étant plus âgé que maman, c’est lui qui est parti en premier pour Paris. Nattie pour sa part a poursuivi ses études sur Toulouse car elle avait rencontré Laurent son futur mari et ils n’avaient pas envie de se séparer ! Par contre, maman et papa brûlaient du désir de se retrouver. Maman est montée sur Paris dès qu’elle a terminé sa scolarité et ses études musicales à Toulouse. Elle désirait aussi ardemment entrer en classe de direction d’orchestre au Conservatoire de Paris. C’est ce qu’elle a fait ! Je sais que papa et elle ont tout de suite habité ensemble, dès l’arrivée de maman à Paris. Juliette m’a raconté comme elle était triste du départ de sa grande sœur, mais dès l’aéroport, maman avait un regard lumineux, tourné vers cet ailleurs où l’attendait son Olivier.

                Au Conservatoire de Paris, maman a retrouvé leur amie Murielle, la violoniste. Ce furent des années studieuses mais pas laborieuses, plutôt merveilleuses pour eux. Je m’en aperçois chaque fois qu’ils parlent de Paris, on voit leurs sourires se refléter jusque dans leurs yeux. Se retrouver entre musiciens venus de partout dans le monde. Partager le même amour de la musique. Vivre de sa passion. En plus des cours de composition qu’il suivait, papa est devenu accompagnateur pour une classe de violon. Maman suivait les cours de direction et une fois par mois devait diriger un concert, soit opéra, soit symphonique, soit musique de chambre. Ils étaient bien occupés tous les deux !

Papa a écrit pendant ces années parisiennes un recueil de pièces pour piano assez enfantines d’esprit intitulées «  Pour Natacha ». Pourtant je n’étais pas encore de ce monde mais ils pensaient déjà à ce prénom pour leur futur enfant ! Heureusement que je ne suis pas née garçon ! Papa me les joue souvent ces petites pièces, j’ai l’impression qu’elles me sont destinées, même s’il les a composées avant ma naissance. Papa m’a confié qu’en écrivant ces pièces, il pensait à Nina enfant. Pas étonnant que je m’y retrouve puisque je suis une « petite Nina », une petite fille un peu perdue au milieu de sa famille musicienne !

Pour me faire remarquer, je me suis démarquée de mes parents et des autres membres de la famille en ne faisant pas de musique, mais au fond de moi, je sens bien qu’elle résonne. Cela explique aussi peut-être mon malaise, je me révolte contre quelque chose qu’au fond de moi, j’aime ! Tous les matins depuis son arrivée au Nisal, papa joue en duo avec Nattie et je me glisse dans le petit salon de musique pour les écouter. J’aime la flûte, sa douceur, sa finesse. La grâce des postures du flûtiste. Je regarde Nattie, si délicate… Juliette aussi a été flûtiste. Mes deux tantes adorées.

Quand maman dirige son orchestre, elle aussi est merveilleuse à regarder. Son attention brûlante, ses gestes fluides et précis. L’énergie qui émane de tout son corps, sa petite personne puisqu’elle est de taille moyenne, presque petite à côté de papa, mais si fine, tendue comme un bouleau vers la lumière du jour. Ses bras souples se meuvent en musique comme des branches qui frissonnent dans le vent. Oui, elle est belle ma maman et j’espère qu’elle sera là pour fêter mes onze ans !

 

à suivre...

Chapitre 8 En attendant maman

Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris

Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris

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De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivain, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

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