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Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #La fugue de Natacha, #musique, #enfance, #photos nk

Chapitre 6

Petite lanterne rouge

 

 

                Quand j’étais chez Juliette, elle aussi m’a raconté l’histoire de mes parents -je demande toujours qu’on me raconte leur enfance et leur adolescence !- comment elle s’était aperçue de l’amour réciproque de Nina et Olivier. Maman avait mon âge quand elle l’a rencontré : cela me fait drôle d’y penser, comme si cela pouvait m’arriver à moi aussi de rencontrer un garçon que j’aimerais depuis l’enfance ! C’est quasiment impossible un truc pareil. Je trouve qu’ils ont eu beaucoup de chance tous les deux : une vocation et un amour d’enfance, reliés comme deux histoires dans un même volume. J’en suis sûre, ça n’arrive pas à tout le monde.

                Juliette m’a raconté que petite, elle entendait tout le temps ce nom : Olivier Karl par ci, Olivier Karl par là. Mais Juliette a vraiment fait sa connaissance pour les quinze ans de maman. Il était venu avec sa sœur Nathalie. Maman avait tellement le trac que c’est Juliette qui leur avait ouvert la porte d’entrée. Pendant cette soirée, elle les avait observés tous les deux, ils étaient en totale harmonie. Olivier regardait sa petite Nina avec une tendresse qui « crevait » les yeux et Nina levait sur Olivier ses yeux noirs intenses et doux à la fois.

Papa m’ébouriffe parfois les cheveux en un geste tendre et souvent il me dit : « Comme tu ressembles à Nina, ma Natacha ! » Il dit toujours « Nina » et pas « ta maman ». Elle est sa Nina, je le vois bien : quand ils se regardent, un fil se tend entre leurs yeux et j’aimerais être une petite funambule qui marche sur ce fil et leur montre qu’elle existe. Danseuse de corde, jongleuse entre eux, leur petit clown, mais non, je me sens toujours « à côté » quand ils sont ensemble.

                Pour que je sente qu’ils sont mon papa ou ma maman, il faut que je sois seule avec l’un d’eux. J’aurais aimé avoir un frère ou une sœur mais je ne sais pas pourquoi, je suis leur seule enfant, et ils me laissent souvent à la garde de Lottie ! Avec Lottie, c’est vrai que je m’amuse quand même, et elle m’accompagne à la patinoire ou chez des copains d’école. Mes parents sont dans leur bulle. Bien sûr, leur amour, je le trouve beau, ils sont lumineux tous les deux mais moi, je me sens comme une petite lanterne rouge. Les copains qui viennent parfois à la maison sont toujours impressionnés : le grand piano, la batterie, la musique omniprésente et le talent de mes parents. Certains me disent même :

« Ils ont géniaux tes parents ! »

Peut-être, mais ils ne sont pas là comme les autres parents…

                Pour le moment, je suis contente d’être avec papa au Nisal. Je me sens plus forte. Je lui ai raconté ma semaine chez Juliette et il m’a promis que nous irions ensemble au centre équestre un de ces jours. J’ai aussi parlé à maman au téléphone, sa tournée se passe très bien. Je ne leur ai encore rien dit au sujet de l’équitation. J’attends l’arrivée de maman pour leur en parler.

 

à suivre...

Chapitre 7 : Les années parisiennes

 

Dessin : NK

Dessin : NK

Dessin : cncb

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De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivain, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

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