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Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #Murielle au violon, #musique, #photo

 

Chapitre 6

Nina

 

Nina était aussi brune que moi j’étais blonde, elle avait les yeux noirs et moi les yeux bleus ; elle était petite pour son âge : dix ans, et moi grande et élancée pour mes treize ans. Telles étaient nos différences apparentes, mais très vite, dans les conditions difficiles d’une hospitalisation, nous sommes devenues plus que des camarades, de vraies amies. Et pour moi, c’était ma première amie.

Je lui ai raconté ma douleur à la mort de Madame Dulyonnais, mon ambition de devenir violoniste, et mon regret de ne pas avoir eu le temps de le dire ouvertement à ma chère Madame Dulyonnais. Maintenant, c’était trop tard, elle était morte. Mais avec sa voix douce, la petite Nina m’ a dit :

« Ne t’inquiète pas Murielle, ne te tourmente plus avec ces regrets. Avec la passion qui t’anime, Madame Dulyonnais le savait bien elle que tu serais violoniste ! Elle s’en est sûrement toujours douté ! Sinon, elle n’aurait pas continué à te donner tous ces cours, et des partitions, et son violon ! »

Nina avait raison, je devais me tourner vers mon avenir et commencer par affirmer mon choix à mes parents. Ils finiraient bien par comprendre ! Mieux valait les informer le plus vite possible, pour que papa ne s’imagine pas que je veuille suivre ses traces : devenir médecin comme lui ou secrétaire médicale comme maman… Je commencerai par en parler à tonton Jean-Luc, mon parrain, professeur de latin et de grec qui passe toutes ses vacances à faire des fouilles archéologiques un peu partout. Un « original » selon le mot habituel de papa, un peu dur avec son beau-frère. Mais, une fois tonton Jean-Luc mis dans la confidence, cela me sera plus facile de me jeter à l’eau et de leur faire part de ma grande décision.

Nina, elle, venait de voir sa vocation de danseuse brisée à cause d’un grave accident de cheval. Quelle déveine ! Elle était si désemparée et si courageuse à la fois. Devant ses parents, très gentils, et sa petite sœur Juliette , elle souriait tout le temps, mais quand elle était seule avec moi, elle ne pouvait plus cacher sa peine, sa déception, ses larmes. Son professeur de danse, Mademoiselle Angeline, est venue la voir à l’hôpital. Je l’ai reconnue, j’avais déjà assisté à des spectacles de sa classe au Conservatoire, des spectacles fluides, originaux ; rien à voir avec les spectacles compassés, un peu raides de sa collègue Madame Léha.

« Mais Nina ! Je t’ai vue danser ! Je m’en souviens maintenant : le spectacle Tchaïkowski de l’année dernière… Tu ne faisais pas la poupée ?

-Si, me répondit –elle d’une petite voix.

  • Alors là, vraiment Nina ! Même si tu ne peux plus danser, devenir une danseuse professionnelle, même si tu dois renoncer à ce rêve, n’abandonne pas tout ! Tu dois continuer le Conservatoire, trouver un instrument qui te plaît, faire de la musique ! »

Nina m’écoutait attentivement, ses grands yeux noirs si doux posés sur moi, et je sentais en elle une sensibilité extrême, une sensibilité d’artiste. Il ne fallait pas qu’elle arrête tout. Je lui fis promettre de venir assister à mon audition Mozart en mai. Elle me le promit. Nos parents respectifs avaient sympathisé à force de se croiser à notre chevet. Je respirais mieux quand j’ai quitté l’hôpital, l’oppression qui pesait sur mon cœur depuis la disparition de Madame Dulyonnais s’était apaisée. Ma grande peine avait cicatrisée, et la solitude, c’était fini ! J’avais rencontré une vraie amie et même deux car Juliette, la petite sœur de Nina était vraiment adorable, je l’ai adoptée dans mon cœur . J’étais sûre que nous nous retrouverions au Conservatoire et que bientôt, on pourrait jouer en duos. La musique m’appelait de nouveau, mon violon chantait avec une force neuve.

 

A suivre ...

 Chapitre 7 : L’audition Mozart

 

 

 

Mon violon chantait avec une force neuve...

Mon violon chantait avec une force neuve...

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De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivain, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

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