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Les mots de Natacha.com

Les mots de Natacha.com

Des mots, des murmures, des cris, des silences, des aveux. Des mots qui claquent, se taisent dans un sourire. Poésie, slam, chanson, prose et haïkus...

Publié le par Natacha Karl
Publié dans : #littérature jeunesse, #Murielle au violon, #violon, #photo, #musique

 

Prologue : Une rencontre à Leipzig

 

 

Je suis arrivée à Leipzig à dix-sept heures par un vol de la compagnie Lufthansa, départ de Toulouse avec escale à Frankfort. L’aéroport de Frankfort est immense, je serrais mon étui de violon contre moi. Il était hors de question que mon violon voyage en soute à bagages ! Ce violon, je n’en connais pas l’histoire complète, je sais simplement que c’est un violon d’Europe de l’Est, je l’ai trouvé sur un marché à Bucarest. J’ai eu le coup de foudre pour ses couleurs chaudes tant sur le plan visuel que sonore. J’ai passé ma médaille d’or avec ce violon au Conservatoire de Toulouse et aussi mon examen au Conservatoire Supérieur de Paris.

Je m’appelle Murielle et je suis musicienne ! Je m’aperçois que je vous parlais de mon violon avant de me présenter moi-même ! Murielle Nomblot, violoniste, je viens d’avoir vingt et un ans et je suis venue à Leipzig pour présenter un Concours International de Violon dans cette célèbre ville, véritable « Bachstadt » puisque c’est la ville où Jean-Sébastien Bach a vécu les dernières années de sa vie et où il est enterré, dans la Thomas Kirche. C’est d’ailleurs presque en face de cette église que se trouvent les bureaux du Concours. Même si mes amis me trouvent dynamique et décidée, je dois avouer que j’ai le trac ! … Demain je viendrai au secrétariat du Concours pour avoir tous les renseignements ; en attendant, ce soir, je vais m’installer dans ma chambre d’hôtel. C’est l’hôtel réservé pour les concurrents du Concours International. Je suis à la chambre 35, au troisième étage. Je domine un peu la ville. Ma chambre est jolie, couleur safran. Tout de suite, je sors mes photos et des bougies. J’en mets toujours quand je voyage, et c’est vrai comme dit mon amie Nina, qui est étudiante en classe de direction d’orchestre au CNSM de Paris, que je suis un véritable « oiseau migrateur ».

Avec mon violon, depuis l’âge de seize ans, quand j’ai fait mon premier stage de violon pendant les vacances d’été, je n’arrête pas de voyager. Bien sûr, le violon, c’est l’instrument du voyage. Il a traversé toute l’Europe centrale avec les tziganes ou les juifs. Et moi, petite française du sud de la France, j’ai adopté cet instrument à l’âge de six ans. J’ai une prédilection pour la musique d’Europe de l’Est : de Bartok à la musique klezmer, etc.… Peu m’importe d’où viennent les notes, je prends celles que le vent me porte ; mais depuis toujours on me dit que j’ai un tempérament slave, une façon de jouer ouverte et généreuse.

Cela doit être une des raisons de notre grande amitié avec Nina.

Pour le concours, le programme se compose d’œuvres pour violon seul de Bach, mais aussi pour le deuxième tour d’une œuvre contemporaine écrite pour le concours « Voyages » d’un jeune compositeur français Axel Marion. Cette œuvre résonne bien pour moi, c’est aussi ce que m’ont dit Olivier et Nina mes amis. Olivier, c’est le fiancé de Nina, il est compositeur lui aussi, il poursuit sa formation au CNSM de Paris. On peut dire que ces deux-là sont fiancés même si ce n’est pas officiel car le lien qui existe entre eux est si fort qu’on ne peut pas se contenter de dire : « ils sont amis », ou « ils vivent ensemble ». D’ailleurs quand ils parlent l’un de l’autre, ils emploient le mot « fiancé ». Moi, je suis encore complètement libre d’attaches, uniquement liée à la musique, mais c’est un lien sacré !

Mais peut-être qu’en cette ville allemande où plane l’esprit de Bach, je vais rencontrer mon âme sœur… Ce n’est pas dans cette intention que je suis là, mais l’atmosphère de la ville me berce et des idées douces comme l’amour viennent distraire mes pensées pendant que je mange ma pizza seule dans une des nombreuses pizzerias de la ville. C’est un vendredi soir, c’est plein. Soudain, un jeune homme me demande avec un drôle d’accent allemand s’il peut s’asseoir à ma table pour dîner car il ne reste plus de place. J’acquiesce volontiers, d’autant plus qu’en Allemagne, cette pratique de partage des tables est courante.

Nous faisons connaissance, il s’appelle Paul Kovalic, il est serbe, d’où son drôle d’accent allemand, il a vingt-cinq ans et est danseur. Il vient postuler pour une place dans une compagnie de danse ici à Leipzig. Nous parlons l’allemand en mélangeant l’allemand et l’anglais qu’il possède mieux. Au fil de la conversation, j’apprends qu’il est descendu au même hôtel que moi, nous nous proposons de prendre le petit déjeuner ensemble « pour bien démarrer la journée » me dit-il, ensuite, je serai plus d’attaque pour aller au secrétariat du Concours prendre connaissance du calendrier des répétitions et du programme des épreuves. Nous rentrons ensemble à l’hôtel par les rues de Leipzig animées même de nuit en ce mois de juillet. « A demain ! »

Je ne tourne pas cent fois dans mon lit avant de trouver le sommeil, cette heureuse rencontre m’a changé les idées, m’a un peu destressée. Ainsi au petit déjeuner, nous nous retrouvons, son franc sourire et ses yeux bleus comme un lac de montagne me donnent confiance. Nous nous séparons après avoir échangé nos numéros de portable et je m’en vais au secrétariat du Concours. Mon accompagnateur désigné s’appelle Ludwig Karl. Tiens, c’est amusant comme coïncidence, il porte le même patronyme que mon ami Olivier, le fiancé de Nina. Olivier Karl lui est d’origine alsacienne.

Nous allons répéter au Conservatoire de Leipzig : Musikhochschule Félix Mendelssohn… Mendelssohn a marqué Leipzig lui aussi, d’ailleurs le gagnant du Concours sera engagé pour jouer avec l’Orchestre de la Radio allemande le célèbre concerto du maître. C’est un rêve !

En attendant pendant toute la quinzaine du Concours, Paul Kovalic est devenu mon chevalier servant dans la mesure de ses possibilités. Pour sa part, pour entrer dans la Compagnie de Danse, il avait plusieurs épreuves étalées sur quelques jours. Notre rencontre fut donc providentielle pour l’un comme pour l’autre. J’arrivais en finale du Concours mais je terminais cinquième. Paul me consolait et nous fêtions son engagement dans la Compagnie de Danse la veille de mon départ avec promesse de se revoir…

 

A suivre : Chapitre 1

Le violon de Frédéric

Mes parents ne sont pas du tout musiciens ... 

André Kohn : the violonist

André Kohn : the violonist

Commenter cet article

Ninanours 11/03/2015 21:35

Je suis en train de le rererererelire! Cette illustration est parfaite

Cécile-Natacha Carle-Bezsonoff 11/03/2015 21:54

Merci ma chérie. Je suis contente que ce tableau te plaise. Je te réserve d'autres pour les prochains chapitres. C'était un plaisir

De vous à moi...

Bienvenue sur mes lignes, ces mots sur votre écran. Attrapez-les au vol, comme vous les entendez. Posez-vous sur ces pages aux mille images. Fines enveloppes d'émotions tendues entre nous...

Je suis Natacha Karl, une "auteure en ligne" dont vous pouvez aussi découvrir les livres "Bonjour Mademoiselle" (2016) et "Les survivantes" (2017) ... poète, slameuse, écrivaine, haïjine...

A votre rencontre...

- Tous les textes sont : Protégé par Cléo

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